Il ne faut jamais négliger les trésors des greniers. En 2012, à Vignacourt, un village de la Somme, la vieille ferme des Thuillier est mise en vente. Comme dans tous les endroits de ce genre, le fouillis s’est entassé. Et, dans le fourbi, une malle, que quelqu’un a le réflexe d’ouvrir.
Stupeur : à l’intérieur gisent depuis 1920 des milliers de clichés de soldats. Et ils représentent un véritable trésor, à bien des égards.
La place des soldats dans la vie de la cité
Car ces 4 000 plaques de verre ont été réalisées par un couple de fermiers, Antoinette et Louis Thuillier. Louis adore les nouvelles technologies, il a donc investi, avant le conflit, dans un appareil photo. Blessé à la guerre, il n’est plus en capacité de réaliser un certain nombre de clichés. Or Vignacourt se situe comme une base arrière du front. Des soldats y affluent d’Australie comme d’Afrique, d’Asie comme des États-Unis. Et nombreux sont ceux qui souhaitent envoyer, avant de repartir en enfer dans les tranchées, un cliché à leur famille.
C’est Antoinette, une femme donc, qui va réaliser la plupart de ces photographies. Or Antoinette a un vrai don. D’abord pour capter l’âme dans les yeux de ces pauvres hères. Mais aussi pour les mettre en scène, les pieds dans la boue de la ferme, la tête dans un décor neutre, une poule à leurs pieds. Beaucoup de ces clichés sont pris aussi en compagnie des habitants du village : là aussi, la place des soldats dans la vie de la cité est tout à fait extraordinaire et témoigne de rapprochements qu’il reste à raconter.
En 1920, le couple a remisé son matériel. On regrette de ne pas en savoir davantage sur le destin d’Antoinette, dont les fabuleuses photos racontent, en creux, la femme de cœur qu’elle a sûrement été.
1914-1918 : le trésor oublié d’Antoinette et Louis, France 2, mardi 11 novembre, 23 heures
Le journal des intelligences libres
« C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde. »
Tel était « Notre but », comme l’écrivait Jean Jaurès dans le premier éditorial de l’Humanité.
120 ans plus tard, il n’a pas changé.
Grâce à vous.
Soutenez-nous ! Votre don sera défiscalisé : donner 5€ vous reviendra à 1.65€. Le prix d’un café.
Je veux en savoir plus !