Procès d’un des cambrioleurs présumés du Louvre : l’audience d’Abdulaye N. renvoyée par le tribunal de Bobigny

Abdulaye N., 39 ans, ne sera finalement pas jugé ce mercredi par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis). L’homme, mis en examen pour sa participation présumée au cambriolage de la galerie Apollon du Louvre, le dimanche 19 octobre, devait y comparaître pour une tout autre affaire, mineure comparée au retentissant casse dont on le soupçonne aujourd’hui. Dans ce dossier - finalement renvoyé au 17 avril -, il est reproché à cet homme, originaire d’Aubervilliers, d’avoir détérioré la porte d’une cellule et un miroir d’un commissariat, lors d’une garde à vue en 2019. Cet épisode, très ancien, s’était déroulé dans le cadre d’une affaire de vol, pour laquelle Abdulaye N. avait finalement été relaxé.

Ce mercredi, le tribunal correctionnel de Bobigny a entendu la demande de renvoi de l’un de ses conseils, Me Maxime Cavaillé, ainsi que les réquisitions du parquet allant aussi dans ce sens. Abdulaye N., qui se trouve en détention provisoire, n’était pas présent à l’audience, et a refusé la connexion en visioconférence qui lui avait été proposée. Lors de l’audience, très brève, son avocat a pointé «le contexte difficile d’un point de vue médiatique» depuis la mise en examen de son client dans l’enquête sur le casse du Louvre, diligentée par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) du parquet de Paris. Plus de deux semaines après que des joyaux de la Couronne de France ont été dérobés par quatre malfaiteurs, celle-ci continue de mobiliser une centaine de policiers de la Brigade de répression du banditisme (BRB) et de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC).

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Avancées majeures de l’enquête

Face aux enquêteurs, Abdulaye N. avait partiellement reconnu sa participation au cambriolage du Louvre, dont le butin, toujours introuvable, est estimé à 88 millions d’euros. Loin de celui d’un malfrat chevronné ayant gravi les échelons du grand banditisme, son profil s’apparente plutôt à celui d’un délinquant multirécidiviste, connu de la justice pour des délits routiers, et des vols aggravés. Il a notamment été condamné dans une précédente affaire de vol, en 2015, en même temps qu’un autre membre présumé du commando du Louvre. D’après les révélations du Parisien, l’homme est aussi connu pour s’être adonné, pendant de nombreuses années, au «cross bitume», des figures en motocross qu’il effectuait en Seine-Saint-Denis, ce qui lui avait valu une certaine notoriété sur YouTube et TikTok. L’homme, qui encourt aujourd’hui 15 ans de réclusion criminelle pour le casse du Louvre, se faisait à ce titre surnommer «Doudou Cross Bitume».

Le jour du casse, son ADN avait été ensuite été isolé par les enquêteurs sur l’une des vitrines fracturées à la disqueuse par les cambrioleurs. Abdulaye N. avait ensuite été arrêté à Aubervilliers dans la soirée du 25 octobre, lors d’un premier coup de filet des enquêteurs visant également un autre membre présumé du commando. Ce dernier, de nationalité algérienne, s’apprêtait, lui, à embarquer à bord d’un vol pour l’Algérie, sans billet retour, quand il avait été interpellé à l’aéroport de Roissy le même soir.

Depuis, l’enquête a connu d’autres avancées majeures, avec l’interpellation de cinq individus, le 29 octobre. Un homme, âgé de 37 ans, suspecté d’avoir lui aussi pris part au commando, a été mis en examen. La compagne de cet individu, âgée de 38 ans, a quant à elle été mise en examen pour «complicité de vol en bande organisée». Les trois autres suspects ont été relâchés à l’issue de leurs gardes à vue.