Une affaire de gros sous, des victimes du terrorisme considérées comme quantité négligeable, des hauts dirigeants prêts à tout pour parvenir à leurs fins… Contrairement aux apparences, ce n’est pas le procès en appel du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 qui va s’ouvrir, mardi, dans la salle 2.01 du tribunal judiciaire de Paris, mais celui d’un autre dossier parmi les plus spectaculaires sur lesquels la justice française aura à se prononcer cette année : le géant de la construction Lafarge, six de ses anciens cadres, dont l’ex-patron Bruno Lafont, et deux intermédiaires syriens (dont l’un fait l’objet d’un mandat d’arrêt international) vont comparaître pendant six semaines, soupçonnés d’avoir payé des groupes djihadistes, comme Ahrar al-Sham, Jabhat al-Nosra ou le groupe « État islamique » (EI), entre 2013 et 2014, afin de maintenir l’activité de la cimenterie de Jalabiya, située dans le nord de la Syrie, alors même que le pays s’enfonçait dans la guerre.
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Total ou Air Liquide ont quitté la Syrie, mais pas Lafarge
Acquise lors du rachat de la société égyptienne Orascom par Lafarge en 2008, cette cimenterie avait fait l’objet d’investissements lourds (680 millions de dollars) pour achever sa construction. Opérationnelle dès octobre 2010, elle était devenue...