Accusations de viols au dépôt du tribunal de Bobigny : le barreau de Seine-Saint-Denis suspend toute intervention des avocats aux permanences pénales

Le barreau annonce mardi 4 novembre dans un communiqué suspendre "toute intervention des avocats du barreau de Seine-Saint-Denis au dépôt et, par conséquent, la participation du barreau aux permanences pénales (majeurs et mineurs)", à la suite des accusations de viols portées par une femme de 26 ans, déférée au dépôt de Bobigny dans la nuit du 28 au 29 octobre, contre deux policiers. Ces derniers ont été mis en examen pour "viols et agressions sexuelles par personnes abusant de l’autorité conférée par leurs fonctions" et placés en détention provisoire.

Concrètement, cela signifie que les avocats du 93 ne se déplaceront plus pour assister les personnes en garde à vue, déférées ou jugées en comparution immédiate, ce qui entraîne des renvois d’audiences et des dossiers qui ne peuvent être traités faute d’avocat. Les avocats du département exigent en premier lieu "des mesures structurelles immédiates, contraignantes et vérifiables" pour "garantir la sécurité effective, la protection de l’intégrité physique et la dignité de toutes les personnes retenues dans les locaux du dépôt".

Le barreau avait plusieurs fois alerté sur des "dysfonctionnements graves"

Ce communiqué "interpelle solennellement les représentants des institutions en charge du dépôt sur leurs responsabilités dans la survenance de tels faits" et rappelle que le barreau avait alerté à plusieurs reprises sur "la vétusté, le délabrement et les dysfonctionnements graves", notamment "lors des réunions avec les chefs de juridiction", après "le décès d’un homme en décembre 2024" dans ce même dépôt. Le 7 décembre 2024, un homme était mort d’une crise cardiaque dans sa cellule alors qu’il attendait son déferrement.