Urgences du CHU de Caen : il faut "éviter la fuite des médecins seniors" qui encadrent les internes, plaide la Fédération hospitalière de France

Le manque de médecins seniors pour encadrer les internes au service des urgences du CHU de Caen (Calvados) "doit nous alerter sur une meilleure planification et organisation, et des moyens justes pour l'hôpital public", estime Zaynab Riet, secrétaire générale de la Fédération hospitalière de France (FHF), lundi 3 novembre sur franceinfo. Il n'y aura plus d’internes aux urgences du CHU de Caen faute de "médecins seniors" pour les encadrer ce semestre. 

La secrétaire générale de la Fédération hospitalière de France interroge : "Pourquoi ces médecins partent ? Le poids de la permanence des soins qui est assuré essentiellement par l'hôpital public, et qui est inégalement répartie sur les territoires, est un élément majeur", assure-t-elle. Pour Zaynab Riet, "c'est donc bien notre organisation, notre système de santé, qui est questionné".

La FHF réclame une "loi de programmation en santé"

Elle se félicite néanmoins de cette décision "très rare" prise de façon collégiale : "La décision a été concertée à la fois avec l'université, le CHU, l'ARS et les internes. Il est important de rappeler que les internes en médecine sont des futurs médecins qui, à partir de la septième année de médecine, se forment pour exercer une spécialité médicale à l'hôpital et qu'ils sont à la fois le présent et l'avenir." Elle réfute les critiques des internes qui se considèrent comme des "variables d'ajustement".

"Pendant ce semestre, il n'y aura pas d'internes aux urgences de Caen. En revanche, c'est plus de 60 services au CHU de Caen qui sont en mesure de les accueillir et dès mai 2026, ils pourront réintégrer les services des urgences", assure-t-elle, ajoutant "heureusement d'ailleurs, l'hôpital fonctionne avant tout avec des équipes de 200 métiers différents qui vont du médecin senior aux infirmiers".

Zaynab Riet, plaide pour "éviter la fuite des médecins seniors par un juste financement de l'hôpital public", mais aussi pour "avoir une vision pluriannuelle de la santé, une prospective des besoins de santé à couvrir par discipline, par territoire". La secrétaire générale de la FHF réclame "une loi de programmation en santé, comme nous l'avons eu sur la justice ou sur la défense nationale".