La famille de l’homme que le fugitif de la prison de Dijon a tenté d’assassiner craint qu’il vienne «finir le travail»

Le 27 novembre, deux détenus se sont évadés de leurs cellules. Si l’un d’entre eux a été interpellé, le second court toujours. Alors qu’il était incarcéré pour une tentative d’assassinat, la famille de la victime se sent «en danger de mort», écrit-elle dans un courrier auquel Le Figaro a eu accès.

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Depuis l’évasion «à l’ancienne»  de deux détenus à la maison d’arrêt de Dijon, une famille craint pour sa vie. Jusqu’au 27 novembre dernier, Yannick T., 19 ans, était écroué, sous le régime de la détention provisoire, pour avoir participé à une tentative d’assassinat. Mais au petit matin, le jeune homme s’est fait la belle avec un codétenu en sciant les barreaux de leurs cellules du rez-de-chaussée à l’aide de lames de scie à métaux. Les deux hommes ont ensuite utilisé des draps pour couvrir les fils de lames de rasoir installées sur le premier mur d’enceinte de la prison et l’ont escaladé pour arriver dans la cour de la prison. Ils n’avaient alors plus qu’à sortir par le porche du site pénitentiaire qui s’ouvre le matin pour laisser entrer le personnel.

Si l’un des deux fuyards a été rattrapé au terme de 24 heures de cavale dans un bar-pmu de la région où il buvait un café, l’autre est toujours activement recherché. Qualifié de «potentiellement dangereux», Yannick T. a été incarcéré à de «très nombreuses reprises alors qu’il était mineur», a fait savoir le procureur de Montbéliard. Il est soupçonné d’avoir participé à «un règlement de comptes sur fond de narcotrafic» à Montbéliard en octobre 2024, après avoir été recruté, avec deux autres hommes, pour exécuter un «contrat criminel» sur Yanis L. L’homme de 19 ans s’était présenté devant le domicile de la victime avec deux complices, muni d’une kalachnikov. «Mon client s’est défendu, ça a donné lieu à une scène de chaos et c’est ce qui lui a permis d’éviter la mort», explique au Figaro son avocat, Me Saïd Harir. Sa riposte lui a en revanche valu d’être interpellé, tout comme ceux qui étaient venus pour le tuer, et placé en détention provisoire.

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«J’ai peur de me faire tuer»

Ses sœurs et sa mère, qui résident toujours dans le même logement, sont restées traumatisées par cette attaque et craignent aujourd’hui pour leur vie. «Nous prenons [son évasion] comme une menace très très très réelle de récidive pour “finir le travail”», écrit la sœur de la victime dans un mail adressé à leur avocat et que Le Figaro a pu consulter. «Je vous écris ce mail les larmes aux yeux et les mains qui tremblent, je regarde derrière le judas de la porte au moindre bruit (…) nous avons extrêmement peur pour nos vies (…) je vous partage le sentiment de ma petite sœur, elle est tétanisée : “J’ai peur de me faire tuer, tirer dessus par celui qui est venu avec une grosse arme devant la fenêtre de ma chambre”.» La jeune femme réclame une protection policière le temps que Yannick T. soit retrouvé par les autorités. Une mesure qui n’a, pour l’heure, pas été accordée, selon le pénaliste.

Cette appréhension est renforcée par un incendie dont elles ont été victimes il y a sept mois. Dans la nuit du 1er au 2 avril, elles ont été réveillées par des flammes au niveau de leur porte d’entrée, une épaisse fumée s’infiltrait dans le logement. Les véhicules stationnés devant ont également pris feu. Un acte qui s’inscrit, selon Me Harir, «dans un contexte de menaces dont les proportions ne cessent de s’accroître de façon exponentielle». Reste qu’«aucun élément» ne permet d’établir un lien entre cet incendie et le détenu en fuite, a fait savoir le parquet de Montbéliard à Franceinfo. «Il n’y a pas de menace identifiée contre la famille. Les éléments du dossier montrent que c’est le fils qui était visé» et ce dernier est, de fait, protégé puisqu’il est actuellement incarcéré.

Une position que ne partage pas Me Harir, persuadé que cet évènement s’inscrit dans une volonté d’intimidation. «Depuis son évasion, on répète que ce jeune homme est dangereux donc on ne peut pas prendre le risque de jeter au loup cette famille.»