Le festival BD d'Angoulême 2026 pas officiellement annulé, mais « mis à l'arrêt »

Le festival BD d'Angoulême 2026 pas officiellement annulé, mais « mis à l'arrêt »

Dans les rues d’Angoulême, l’expression dubitative du buste d’Hergé se prête parfaitement à la situation ubuesque qui secoue la prochaine édition du festival de bande dessinée. ROMAIN PERROCHEAU / AFP

À deux mois de l’événement, les organisateurs n’actent pas la fin de la manifestation. « Ils laissent pourrir la situation », dénonce un éditeur.

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Après un silence obstiné depuis une semaine jour pour jour après la conférence de presse des financeurs publics, l’organisation du festival international de BD d’Angoulême 9eArt+ s’est enfin exprimée.

«Nous vous informons que la production de l’édition 2026 du Festival d’Angoulême est, à ce jour, mise à l’arrêt», a écrit la directrice commerciale de la société 9e Art+, Noémie de La Soujeole, dans un mail révélé par La Charente Libre et repris par Le Monde. Ce courriel aux maisons d’édition partenaires de l’événement. L’heure n’est plus à la fête, mais au langage mesuré et marketing. Une formulation légale, froide, institutionnelle, qui évite l’emploi du terme «annulation». «Franck Bondoux laisse pourrir la situation», entend-on dans le Landerneau du neuvième art.

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Malmené depuis des mois, après les appels au boycott d’auteurs et la défection de nombreux éditeurs, et la ferme volonté de la profession de tourner la page de l’actuelle gouvernance représentée par 9eArt+ et son directeur Franck Bondoux, le festival BD d’Angoulême s’enfonce dans la tourmente.

«La messe est dite»

Même si «aucune décision n'a été prise de la part de l'organisation», a fait savoir cette société qui organise le festival depuis 2007, l’incertitude qui entoure la prochaine édition de cette grand-messe de la BD est plus forte que jamais. «Pour les professionnels, la messe est dite», estime un éditeur. Pour d’aucuns, l’actuel organisateur de la manifestation «prépare sa riposte juridique et compte bien réclamer des dommages et intérêts.»

Une réunion est cependant prévue vendredi à la mairie d’Angoulême en présence d’une centaine de participants pour envisager la mise en chantier d’une édition a minima, pour l’instant baptisée «festival Off». «Ils essaient de sauver l’événement à cette date-là» confie une autre source proche du dossier.

Le monde de la bande dessinée ne veut pas laisser passer la fenêtre médiatique de cet événement annuel traditionnel orchestré la dernière semaine du mois de janvier. À Paris, une cinquantaine d’auteurs et d’autrices envisagent de monter un événement parallèle pour contrer l’absence supposée de l’édition 2026. À Marseille, on envisage également une riposte artistique.

De son côté, le groupe Delcourt qui comptait célébrer les 40 ans du groupe a demandé à décaler l’exposition. Chez Delcourt, on espère une reprogrammation à partir du mois de février. «Un choix cohérent, explique-t-on, en soutien aux auteurs qui se sont mobilisés. Nous ne souhaitions pas d’amalgame ou de récupération d’un côté ou de l’autre à cette date-là.»

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Rappelons-le, la 53e édition du festival BD d’Angoulême fait l’objet d’un large appel au boycott d’auteurs et autrices, dont la lauréate du Grand Prix 2025 Anouk Ricard. Tous critiquent une dérive commerciale et reprochent à la société 9eArt+ d’avoir licencié une salariée qui venait de porter plainte en 2024 pour un viol survenu en marge du festival.

Le 20 novembre, les financeurs publics du festival, qui contribuent pour moitié à son budget d’environ 6 millions d’euros, avaient appelé ses organisateurs à annuler l’édition 2026, estimant «plus que compliqué» d’organiser son maintien.

Malgré cette tempête, le ministère de la Culture continue de plaider pour un maintien du festival fin janvier prochain. Une tempête

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