Rennes : la fermeture d’un restaurant illustre le fléau du narcotrafic

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Dans une galerie commerciale du sud de Rennes (Ille-et-Vilaine), le restaurant "La Bonne Adresse" a mis la clé sous la porte après dix ans d’activité. Depuis une semaine, plus de terrasses ni de couverts : les propriétaires imputent cette fermeture à la présence des narcotrafiquants, qui ont transformé le centre commercial en point de deal, faisant fuir la clientèle. Philippe Barbier, gérant, raconte : "Voilà ce qu'on subit en longueur de temps. Des gens qui se mettent devant ou sur le côté ou des guetteurs. Ça fait mal au cœur, parce que vous êtes derrière le bar, vous attendez vos clients et voilà, personne, personne."

Le couple dénonce des années de tensions, avec des menaces régulières de trafiquants. Selon eux, les interventions de la police et des élus ont été insuffisantes. Aujourd’hui, revendre le commerce est impossible dans un quartier où le trafic se déroule désormais au vu de tous. Une riveraine confirme : "De toute façon, ils ne se cachent pas. Et même ceux qui viennent acheter ne se cachent pas non plus. Vous venez le matin, à 9 heures du matin, il y a la queue. C'est comme au supermarché." Un autre habitant ajoute : "Ce n'est pas normal, quoi. Est-ce qu'il y a eu quelque chose de suffisamment fait ? Non, ça n'existait pas, moi, quand j'habitais là, il y a 20 ans."

Une situation qui illustre le manque de moyens policiers

Rennes connaît depuis plusieurs années une explosion du narcotrafic, avec plus d'une trentaine de points de deal identifiés. Ces lieux deviennent parfois le théâtre de guerres de gangs, comme en avril dernier, et le trafic reste présent dans certains quartiers plusieurs mois après. David Leveau, secrétaire régional Un1té Rennes, déplore : "Il y a du deal, malheureusement, un peu partout. En plus, vous voyez, on a plein de petites ruelles, etc."

Pour lui, le problème vient d’un manque de moyens policiers : "Quand vous n'avez pas assez de policiers pour patrouiller dans les quartiers et que les gens ne voient pas des policiers tous les jours, et que les policiers ne font pas de harcèlement, le trafic s'installe, c'est simple. Les quartiers sont gangrenés, c'est une évidence. Maintenant, il faut y mettre les moyens et si on ne nous donne pas les moyens de travailler, on n'y arrivera jamais."

Symbole de cette situation, un commissariat d’un quartier sensible a dû fermer temporairement ses portes faute d’effectifs suffisants. Il a pu rouvrir après près d’un mois de fermeture.

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