Coup d’État en Guinée-Bissau : les militaires départagent les candidats

Le décompte des bulletins n’était pas encore terminé, après l’élection présidentielle organisée dimanche, mais les militaires de Guinée-Bissau, ce pays lusophone sur la côte Atlantique de l’Afrique de l’Ouest, au sud du Sénégal, n’ont pas eu la patience d’attendre.

Les résultats provisoires officiels étaient attendus jeudi. Vêtus de leurs treillis de camouflage, le béret bien vissé sur la tête, des officiers sont apparus ce mercredi à la télévision d’État pour annoncer la prise du pouvoir, prenant prétexte de coups de feu entendus le même jour près du palais présidentiel.

« Le haut commandement militaire pour le rétablissement de l’ordre national et public décide de destituer immédiatement le président de la République et de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toutes les institutions de la République de Guinée-Bissau », a déclaré Dinis N’Canha, porte-parole de ce comité.

Il a précisé que cette décision faisait suite à la découverte d’un plan visant à déstabiliser le pays, ajoutant que des ressortissants guinéens et étrangers avaient tenté de manipuler les résultats électoraux pour mettre en œuvre ce plan.

« Ce qui nous a poussés à le faire, c’est la volonté de garantir la sécurité au niveau national et également de rétablir l’ordre », a ajouté le général, évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays, avec l’implication des barons nationaux de la drogue ». Les renseignements généraux « ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel », a-t-il ajouté.

La Guinée-Bissau, un État en déliquescence

La Guinée-Bissau est l’un des pays les plus pauvres du monde, près de la moitié de sa population étant considérée comme pauvre selon la Banque mondiale. Devenue une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique latine et l’Europe, elle est en proie à des coups d’État et des tentatives de coups d’État (dont une le mois dernier) depuis l’indépendance de cette ancienne colonie portugaise, il y a plus de cinquante ans.

Sans surprise, les soldats ont annoncé la suspension immédiate du processus électoral en cours et des activités des médias, ainsi que la fermeture de toutes les frontières. Pour faire bonne mesure, ils ont emmené le président sortant, candidat à sa propre succession, Umaro Sissoco Embalo, mais il était difficile de savoir s’il se trouvait en état d’arrestation. Quelques heures auparavant, il revendiquait la victoire, tout comme son adversaire, Fernando Dias da Costa.

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