Avec leur aspect rond et sympathique, les marmottes comptent parmi les animaux vedettes des Alpes et des Pyrénées. Ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes, puisque cette popularité a tendance à leur nuire : les touristes, en s'approchant de trop près, les poussent à arrêter de se nourrir pour observer les humains. Et ce faisant, elles constituent moins de réserves de graisse pour l'hiver...
Mais ce n'est pas le seul péril auquel les marmottes sont exposées. En compagnie du loir, qui passe pas moins de huit mois de l'année à dormir dans nos greniers, la marmotte est l'un des animaux qui hibernent le plus longtemps: elle s'endort dans son terrier d'octobre à mars. Et ce métabolisme la rend fragile.
Réveil précoce au printemps...
En effet, précise Olivier Draghici, du bureau des guides et accompagnateurs de Chamrousse en Isère, « le réchauffement climatique va induire un réveil précoce pour les marmottes, qui vont sortir de leur terrier et de leur hibernation un peu plus tôt dans la saison ». C'est-à-dire « à un moment où dans les alpages, leur nourriture, les fleurs, n'aura pas encore poussé. »
Deuxième problème : « en ayant une hibernation plus courte, elles vont avoir une période d'activité plus longue et il va leur falloir trouver d'autant plus de nourriture ! » Alors même que cette nourriture sera encore rare quand elles se réveilleront.
Le réchauffement va induire aussi des modifications sur la flore [...], nourriture qui va servir aux marmottes
Olivier Draghici, bureau des guides et accompagnateurs de Chamrousse
Par ailleurs, souligne Olivier Draghici, « le réchauffement va induire aussi une modification sur la flore, qui a besoin de conditions de température et de précipitations particulières pour être optimum, et constituer la nourriture qui va servir aux marmottes ».
Pour l'instant, comme les autres animaux des montagnes, les marmottes peuvent encore fuir le réchauffement climatique en choisissant des territoires plus en altitude, donc un peu plus frais. Mais la végétation, elle, ne suit pas aussi vite, et le petit mammifère risque de se trouver à court de nourriture. Sans compter que celles qui habitent déjà près du sommet ne peuvent pas monter plus haut.
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