Comment le photographe et architecte d’intérieur danois Michael Falgren a fait de sa maison un temple de lumière

Une atmosphère tamisée émane de ses photos. La lumière est douce, diffuse, presque nuageuse. Les objets y sont agencés sous forme de petites natures mortes silencieuses. Chaque image méticuleusement composée tend à une simplicité introspective. Ces clichés sont l’œuvre du photographe danois Michael Falgren à qui l’on doit des séries de mode et des portraits de célébrités pour des revues comme Vogue , Harper’s Bazaar ou L’Officiel. Non content d’être uniquement photographe, il mène en parallèle une carrière d’architecte d’intérieur.

« La décoration et la photographie sont toutes deux une nécessité pour moi, assure le créateur. Quand je fais de la photo, je sais exactement ce que je veux capturer. Je ne fais donc qu’une seule prise de chaque scène et je ne retouche pas mes clichés, ils reflètent ma vision du monde. Il en va de même de mes intérieurs. Des tons chauds, une atmosphère calme, de la texture et de la structure, voilà mon parti pris… »

Sur le lit Rye Sleep est posé un couvre-lit Dawn Design. À droite, le tabouret édité par Einrichten Design. Au sol, un tapis de jonc. Michael Falgren/Living Inside
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Loin des tumultes urbains, Michael Falgren vit la moitié de son temps dans une maison de plage arrangée par ses soins à Hornbæk, charmante station balnéaire danoise. Mais, vie professionnelle oblige, il vient également de s’aménager un loft de 243 mètres carrés à Copenhague, sa ville natale, en reliant deux anciens commerces – objet de ce reportage. « L’un était le restaurant de mon père, le premier établissement turc au Danemark, je suis à moitié kurde-turque et à moitié danois, explique-t-il. J’ai dû tout rénover car, les trente dernières années, l’adresse abritait un restaurant indien. L’autre espace était un magasin d’antiquités en très mauvais état. Personne n’en voulait, parce que les travaux de rénovation étaient trop importants. J’ai tendance à acheter des endroits que personne ne désire… »

Les escaliers ouverts dans l’espace permettent de passer librement d’un niveau à un autre. Michael Falgren/Living Inside

Ambiance sereine

Si l’un des lieux est traité de façon plus brute que l’autre, une même ambiance sereine les unifie. « Mon approche consiste à remettre toujours les endroits dans leur état premier, j’enlève tout ce qui n’est pas d’origine et je reconstruis avec des matériaux naturels, comme l’argile, le lin, le bois…Je préfère ne pas définir mes espaces, tout est un ensemble de vie, c’est donc à chacun de décider s’il s’agit d’une salle à manger ou d’une pièce pour faire du yoga… » Sa méthode ? Ne garder que les murs porteurs et simplifier les plans au maximum.

Le tissu est accessible financièrement et esthétique, c’est un moyen facile de rendre un lieu plus accueillant et dynamique

Michael Falgren

« Je n’utilise pas souvent de portes. Et lorsque c’est le cas, elles sont petites pour que la pièce dans laquelle on entre semble encore plus grande. Pour y pénétrer, la plupart du temps, je fais une marche vers le bas ou vers le haut. Et je divise les espaces avec des rideaux. Le tissu est accessible financièrement et esthétique, c’est un moyen facile de rendre un lieu plus accueillant et dynamique : si vous avez besoin d’un endroit pour lire un livre, vous pouvez tirer les rideaux tout en continuant à bénéficier d’une belle lumière. Je m’installe souvent sur les chantiers dont je m’occupe, cela me permet de ressentir les ondes de chaque espace avant de décider comment l’agencer. »

La pureté d’une coupe japonaise posée sur un socle en bois. Michael Falgren/Living Inside

Pour un monde plus vert, plus sain

Sol en béton, parfois recouvert de moquette ou de tapis en jonc, mobilier en bois, le maître de maison opte pour des matières simples, presque basiques. « Je me tiens aux matériaux naturels, aux techniques traditionnelles et aux applications durables. Parfois, ils sont légèrement plus chers ou alors leur installation prend plus de temps, mais, étant donné qu’ils durent bien plus longtemps et qu’ils se patinent gracieusement, cela en vaut la peine. Je suis convaincu que cette orientation se développera davantage parmi les générations futures qui aspirent à un monde plus vert et plus sain. »

Le mobilier est, lui, la plupart du temps histoire de rencontres et d’objets découverts au gré de reportages photographiques que Michael Falgren réalise pour des catalogues ou des revues de décoration. Kim Richardt, artiste réputé pour son travail du métal, a ainsi créé des chaises en fer. On retrouve dans la maison des céramiques de Toseibo, un atelier basé à Copenhague, spécialisé dans la fabrication d’ustensiles pour le thé, le café et les arts de la table.

Partout des rideaux, réalisés par Arne Aksel, permettent de diviser l’espace, touten diffusant une douce lumière. Michael Falgren/Living Inside
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Sans compter nombre de meubles et d’objets de Frama – marque réputée pour son design rationnel aux géométries simples et ses matériaux authentiques et solides – dans une volonté de retour aux essentiels. Pour beaucoup, des créations scandinaves. « Les matériaux bruts, les couleurs neutres et la simplicité sont l’essence même de mes photographies comme de mes espaces. Mon intérieur évolue au fil de la journée grâce à la lumière du jour, il s’agit d’un lieu calme dont la volonté est de vous rendre créatif. »