Marseille (Bouches-du-Rhône), envoyé spécial.
Il est des affiches qui vous étreignent le cœur, comme celles collées ces derniers jours sur les murs et poteaux de la cité phocéenne. « Justice pour Mehdi, 20 ans, mort pour rien. » Marseille pleure l’un de ses fils, ce samedi. Le 13 novembre, une moto s’est arrêtée à sa hauteur ; le passager arrière a fait feu sur lui. Mehdi Kessaci était un fils « doux », selon sa mère, un garçon d’une famille engagée contre le narcotrafic. « C’est le deuxième fils qu’ils me prennent », dit, émue, sa mère, « le cœur déchiré » face aux 6 200 personnes présentes lors d’un rassemblement d’hommage sur le lieu de sa mort, rond-point Claudie-Darcie.
L’histoire se répète. En 2020, le propre frère de Mehdi, Brahim, avait été retrouvé le corps calciné dans une voiture. Cela avait conduit Amine, troisième de la fratrie, à s’engager dans le combat contre le narcotrafic en créant l’association Conscience. Ce meurtre est certainement une mesure de rétorsion contre cet engagement. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a vu dans la mort de Mehdi « un crime d’intimidation », qu’il estime être un « point de bascule ». Amine Kessaci, 22 ans, a d’ailleurs été placé sous protection policière ces dernières semaines....