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Une attaque aérienne sur une ville du sud Liban. Pendant plusieurs mois, l'armée israélienne a bombardé les fiefs du Hezbollah en réponse à ses tirs de roquette. Msaileh, village frontalier, a été plusieurs fois ciblé. Presque un an après un fragile cessez-le-feu, la grande majorité des habitants qui avaient fui la région sont revenus.
C'est le cas d'Ahmad Tabaja. Sa maison a été détruite, mais il n'a toujours pas commencé à reconstruire : "Nous ne pouvons pas bâtir. Il ne reste que cinq machines d'équipement, mais elles ont été endommagées par des tirs. Et puis, qui peut me garantir que nous serons en sécurité pour travailler ?".
Mohammad a les mêmes craintes. Lui aussi a perdu sa maison après une frappe de l'aviation israélienne. Il vivait à Hula, à quelques kilomètres de la frontière avec l'État hébreu. Il considère que la zone est encore trop dangereuse pour y revenir. "Bien sûr que la guerre n'est pas terminée. Nous la considérerons comme terminée quand nous serons tous rentrés chez nous. Mais pour l'heure, elle ne l'est toujours pas", alerte-t-il.
"Les forces israéliennes ont dit clairement que la reconstruction serait impossible"
Tarek, lui, est ingénieur. Il avait de grands projets après la dernière guerre avec Israël : reconstruire les villages frontaliers du sud Liban détruits. On estime à plus de 80 000 le nombre d'habitants qui ont fui les bombardements à l'époque. La plupart d'entre eux n'auraient toujours pas de maison. Les conditions de sécurité ne le permettraient pas. Il explique que "jusqu'à présent, personne n'est autorisé à déblayer les décombres de sa maison, notamment à Hula, Markaba et Kfar Kila, un village frontalier. Là-bas, les maisons sont toujours détruites. Les engins de chantier sont à l'arrêt. Les forces israéliennes ont dit clairement que la reconstruction serait impossible tant que les armes n'auront pas été rendues".
Israël a fait de la lutte contre le Hezbollah une priorité. Le mouvement chiite libanais refuse toujours de désarmer. Conséquence : les bombardements au sud Liban ont repris.