Festival d'Angoulême : "Ce sera un crève-cœur", si l'édition 2026 est annulée, estime le maire de la ville

"Ce sera un crève-cœur", si l'édition 2026 du Festival international de la BD d'Angoulême est effectivement annulée, estime jeudi 20 novembre sur franceinfo le maire, Xavier Bonnefont, qui "pense aux auteurs et aux éditeurs qui sont les premiers impactés".

En l'état de la situation, "pour les financeurs publics, il nous apparaît plus que compliqué d'organiser le maintien de l'édition 2026", étaye le maire d'Angoulême. "Devant les absences des autrices, des auteurs, des éditrices, des éditeurs. Nous demandons à l'organisateur, à l'association du FIBD [festival international de la bande dessinée] de tirer les conclusions que cette réalité impose." L'édition 2026 prévue du 29 janvier au 1er février est la cible d'un boycott des auteurs, des autrices, ce qui a conduit les grands éditeurs à renoncer à leur participation.

Les auteurs ont été épaulés par plusieurs syndicats et collectifs en conflit ouvert avec la société qui organise le festival, qu'ils accusent d'opacité financière, de dérives mercantiles et d'avoir licencié, en 2024, une salariée qui venait de porter plainte pour un viol survenu en marge du festival. Ni le retrait du délégué général de 9eArt+, Franck Bondoux, ni la mise à l'écart de la présidente de l'association du FIBD Delphine Groux, ni la nouvelle gouvernance proposée lundi par les partenaires publics pour l'organisation future de l'événement, n'ont permis de calmer la fronde.

Vers un nouveau cahier des charges

Pourtant, selon le maire, dans cette nouvelle organisation proposée, "il y avait des motifs d'espoir" avec cette "refonte de la gouvernance, la création d'un festival piloté avec l'interprofession". Malgré tout, "ce travail va se poursuivre et va pouvoir se faire dans les semaines et mois à venir pour faire en sorte qu'un nouvel opérateur puisse être désigné pour l'édition 2027 et que l'organisation" de cette édition "puisse se faire avec les attendus de la profession", espère le maire d'Angoulême.

Xavier Bonnefont "pense au monde de l'édition, aux auteurs et autrices qui sont les premiers impactés par l'absence de l'édition, si c'est le cas dans les jours à venir", indique-t-il. "Les effets se feront sentir sur l'année entière pour eux par rapport aux grands enjeux de la bande dessinée, aux sorties des albums". Une annulation "aura un impact" économique, craint-il. Il faudra donc "voir dans quelle mesure nous pouvons aider les acteurs économiques locaux. Je pense aux restaurateurs, aux hôteliers, aux libraires", liste Xavier Bonnefont.

Pour permettre un retour à la sérénité et la tenue d'une édition du Festival d'Angoulême en 2027, "nous allons procéder à la refonte d'une association qui s'appelle l'ADBDA, Association pour le développement de la BD à Angoulême. Nous allons à l'intérieur de cette refonte des statuts, créer plus de place à l'interprofession, à l'édition, aux auteurs, aux autrices pour faire en sorte que le cahier des charges à venir puisse être convenu avec eux", explique-t-il. Le but sera, "de manière transparente", d'établir "les critères de désignation d'un nouvel opérateur", mais aussi se mettre d'accord sur "la façon dont on évaluera chaque projet et chaque porteur de projet pour faire en sorte que le choix du nouvel opérateur ne fasse l'objet d'aucune critique demain".