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Assis en rang, des Soudanais ont été capturés par des combattants paramilitaires. Leur chef, armé, prend le temps de s'adresser à eux avant de les abattre l'un après l'autre. À l'université, le sol est jonché de cadavres. Il ne reste qu'un seul survivant que les paramilitaires vont exécuter.
Des images extrêmement violentes de massacre nous parviennent du Soudan depuis une semaine, depuis que les forces paramilitaires opposées à l'armée gouvernementale sont entrées dans la ville d'El Fasher. Ils prennent le contrôle de la ville après 18 mois de siège. Les associations humanitaires appellent à agir en urgence. "C'est la plus grande crise humanitaire au monde actuellement. 15 millions de personnes sont déplacées ou réfugiées, 30 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire", lance Caroline Bouvard, directrice de Solidarités international au Soudan.
Une bataille pour le Darfour
Une bataille pour le contrôle du Darfour dans l'ouest du Soudan. El Fasher était la dernière grande ville de la région encore contrôlée par l'armée régulière. Aujourd'hui, la population ne sait plus où aller. 65 000 civils auraient fui. 2 000 sont morts en quelques jours selon le gouvernement et peut-être plus. Beaucoup ne seraient pas parvenus à rejoindre les camps de réfugiés. "Ils battaient les hommes, ils ont pris tout ce qu'on avait, ils ne nous ont rien laissé. Une fois arrivés ici, on a appris que les filles du groupe avaient été violées", indique une femme.
Une situation alarmante dans une indifférence mondiale dénoncée cette semaine à l'ONU. "Quelqu'un ici peut-il affirmer qu'on ne savait pas que ça allait arriver ? Nous ne pouvons pas entendre les cris, alors que nous sommes assis ici, l'horreur se poursuit", s’indigne Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l'ONU.
L'ONU réclame des enquêtes rapides et transparentes et dénonce une terrible escalade du conflit.