Foot : Éric Olhats, l’ancien mentor d'Antoine Griezmann, jugé pour «atteintes sexuelles» sur six mineurs

Éric Olhats, ancien mentor d'Antoine Griezmann et ex-recruteur de la Real Sociedad, est jugé mardi à Bayonne pour «atteintes sexuelles sur mineurs» et «corruption de mineur» sur des jeunes footballeurs, des faits qu'il conteste formellement. L'homme de 62 ans, en détention provisoire, est visé par les plaintes de six hommes, anciens jeunes footballeurs licenciés à l'Aviron Bayonnais et tous âgés à l'époque de moins de quinze ans, pour des faits commis entre 1997 et 2002, puis en 2021 et 2022.

Antoine Griezmann, entendu dans le cadre de la procédure pour avoir vécu chez l'entraîneur entre 2004 et 2009 alors qu'il était élève du centre de formation de la Real Sociedad, à Saint-Sébastien, au Pays basque espagnol, n'a fait état d'aucun fait subi ou observé. Les victimes présumées décrivent des caresses, des masturbations, des SMS déplacés et des projections de films pornographiques en leur présence, alors qu'Éric Olhats était leur entraîneur mais aussi recruteur pour la Real Sociedad.

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Éric Olhats «choisissait ses victimes parmi les plus fragiles»

Pour Sandrine Larié, avocate de l'une des victimes, Éric Olhats se faisait tour à tour «aimer» et «craindre» par les adolescents, entretenant des «relations malsaines». Ce procès est «une étape importante» dans la «reconstruction» de son client, aujourd'hui âgé de 38 ans et qui en avait 14 au moment des faits. Mais il ne «s'attend pas à voir un prévenu qui se sent coupable et qui présente ses excuses», plutôt à «affronter» un homme «qui va tout remettre en question».

Me Frédéric Lonné, avocat de deux autres victimes, estime qu'Éric Olhats «choisissait ses victimes parmi les plus fragiles, souvent en entrant dans les familles, en gagnant la confiance des parents». Les faits dénoncés auraient eu lieu lors de déplacements, en marge de matchs ou de stages sportifs. L'avocat insiste sur le «besoin de reconnaissance des faits» pour ses clients, par un prévenu «enferré dans sa position», «quasiment victime d'un complot».

Contrôle judiciaire révoqué

Depuis l'enquête ouverte en 2019 après un signalement anonyme pour des «gestes déplacés», l'ex-recruteur conteste formellement les faits qui lui sont reprochés. Sollicité par l'AFP, son avocat n'a pas souhaité faire de commentaire. L'ancien conseiller d'Antoine Griezmann avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire en mars 2023 avec pour interdiction, parmi d'autres, de «se rendre dans une enceinte sportive».

Son contrôle judiciaire a été révoqué le 22 juillet, après qu'il a été signalé à proximité d'un stade en Haute-Loire. Il y aurait abordé un père et ses fils, se présentant comme le mentor d'Antoine Griezmann. Il comparaît mardi sous le statut de détenu. L'ex-entraîneur avait déjà été condamné en 1991 à un an de prison avec sursis, avec obligation de soins pour des faits d'attentat à la pudeur sur mineur commis à Soulac-sur-Mer (Gironde).

La Fédération française de football, la Fondation pour l'enfance, l'association Colosse aux pieds d'argile ainsi que le club de football de l'Aviron Bayonnais se sont constituées parties civiles. Éric Olhats est connu pour avoir détecté Antoine Griezmann en 2005, alors qu'il était recruteur à la Real Sociedad. Il a ensuite été le conseiller sportif de l'international français (104 sélections) jusqu'en 2017. En novembre 2020, ce dernier, qui évolue actuellement à l'Atlético Madrid, assurait qu'il «ne parlait plus à Éric Olhats depuis trois ans».