Festival de BD d’Angoulême : les organisateurs démentent une possible annulation

En quelques heures, la 53e édition du festival d’Angoulême aura été annoncée morte puis en voie d’être maintenue. Contestée par des dizaines d’auteurs de bande dessinée, lâchée par les éditeurs, la direction de l’événement à la renommée mondiale aurait jeté l’éponge, annonçait le quotidien Libération, tôt mercredi 19 novembre.

Les organisateurs n’auront finalement mis que quelques heures pour démentir « les informations erronées données par Libération dans son article en ligne de ce jour ». La suite du communiqué exprime « l’espérance que les discussions en cours pourront permettre de trouver une solution afin que se tienne l’édition 2026, dans l’intérêt même de l’écosystème de la bande dessinée et par respect pour un public de passionné.e.s de cette forme unique de lecture, public qu’elle a toujours su intéresser au cours de son demi-siècle d’existence ».

« L’horizon n’a jamais semblé aussi apocalyptique, expliquait pourtant l’un des deux directeurs artistiques du festival, Fausto Fasulo, au quotidien. Le festival a beau avoir le cuir dur, cette annulation de l’édition 2026 pourrait bien signifier sa disparition définitive. » Une réaction aux annonces successives, mardi 18 novembre, du Syndicat des éditeurs alternatifs et Syndicat national de l’édition (SNE), qui ont annoncé vouloir ne pas se rendre au festival d’Angoulême. « Compte tenu de ce mouvement de grande ampleur qu’ils comprennent, les éditeurs estiment que l’édition 2026 ne pourra plus se tenir », écrit d’ailleurs le SNE dans un communiqué publié ce mercredi, en référence à la mobilisation des autrices et auteurs de BD. Ils y appellent à « un apaisement attendu par tous » et assurent qu’ils « participeront au renouveau engagé par les pouvoirs publics pour construire le festival de demain dès 2027 ».

Licenciée après avoir porté plainte pour un viol

« Nous insistons sur le fait que le boycott/girlcott est maintenu : il est impossible de faire redescendre la mobilisation tant que la société 9eArt + pilotera la manifestation, même avec la promesse de retrait de Franck Bondoux, dénonçaient quelques heures plus tôt plusieurs collectifs d’artistes et syndicats. La situation cristallise de nombreux problèmes de notre époque : violences sexistes et sexuelles, gouvernance autarcique, mépris généralisé des travailleur·euses y compris des bénévoles, exploitation mercantile, validisme, etc. Par conséquent, nous ne participerons pas à l’édition 2026. »

Les changements annoncés ne devant prendre effet qu’en 2027. Avoir maintenu la société privée 9eArt +, organisatrice de l’événement depuis 2007, accusée – dans une enquête de l’Humanité magazine – d’opacité financière, de « dérives » mercantiles et d’avoir licencié une salariée en 2024 qui venait de porter plainte pour un viol survenu en marge du festival, aura causé la perte, pour 2026, du directeur Franck Bondoux.

Une information judiciaire est ouverte sur ces faits et, en parallèle, la jeune femme conteste devant les prud’hommes son licenciement pour « faute grave ». Son ex-employeur dénonce « un amalgame volontaire et critiquable entre deux procédures totalement distinctes », et invoque des « manquements graves » pour justifier son licenciement. Le ministère de la Culture a affirmé, mercredi, avoir réduit de 200 000 euros son aide au festival de la BD d’Angoulême, actuellement en crise, après des « manquements » lors de son édition 2025, une coupe déplorée par les collectivités locales.

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