Festival d'Angoulême : le scénariste BD Benoît Peeters souhaite "un nouveau départ, un vrai redémarrage"

Le Festival d'Angoulême a besoin "d'un nouveau départ, d'un vrai redémarrage", estime mercredi 19 novembre Benoît Peeters, écrivain et scénariste de bande dessinée, sur franceinfo. Quelques minutes auparavant, le syndicat des grands éditeurs a affirmé que le prochain festival prévu fin janvier "ne pourra plus se tenir" en raison de la volonté des auteurs de boycotter cette édition. Une annulation aussitôt démentie par les organisateurs du festival.

Pour Benoît Peeters, "l'annulation de l'édition 2026 est la seule [solution] qui a du sens". Ce qui arrive au plus grand rendez-vous mondial du secteur est "une catastrophe", regrette-t-il. "On ne va pas demander aux gens de se déplacer à Angoulême si les auteurs ne sont pas là, si les expositions ne sont pas là et les éditeurs eux-mêmes se sont rendus à cette évidence", souligne le scénariste BD. Il n'est pas étonné que cette 52e édition puisse être annulée puisqu'elle "était compromise depuis un bon moment par le gâchis de l'opérateur historique du festival, 9eArt+".

Un "mécontentement général"

Ces dernières semaines, les appels au boycott d'autrices et d'auteurs et les critiques des grands noms de la BD se sont multipliées depuis l'annonce de la reconduction de 9eArt+ à compter de 2028. La société est critiquée pour son manque de transparence, son management toxique, de supposées dérives commerciales, et le limogeage, en 2024, d'une salariée qui avait déposé plainte pour viol survenu en marge du festival. Ces derniers jours, les grands éditeurs de BD ont rejeté le nouvel appel à projet sans 9eArt+. "Il est fascinant de voir qu'une profession qui n'est pas toujours unie a réussi à s'unir contre la dérive de son événement annuel principal", observe Benoît Peeters.

"Le mouvement est parti des auteurs et encore plus des autrices qui ont fait connaître leur mécontentement depuis longtemps", rappelle l'écrivain. "Ils ont été rejoints par les éditeurs, alternatifs et ou maisons majeures, le mécontentement est général", ajoute-t-il. Ce dernier note que les "pouvoirs publics ont agi à contretemps, n'ont pas compris ce qui s'est passé, ont laissé la situation se dégrader de manière folle."