XV de France : Nicolas Depoortere a tout pour plaire
Le jeune centre de l’UBB est très attendu ce samedi soir face aux trois-quarts fidjiens. Puissant et rapide, le champion du monde U20 compte bien rivaliser devant son public.
Passer la publicité Passer la publicitéD’entrée, il règle la question. Depoortère ou Depoortere ? «Sans accent», réclame le jeune centre de l’UBB, qui honorera sa 7e sélection ce samedi face aux Fidji. Chez lui, à Bordeaux. «À la maison et titulaire, je suis honoré et ravi. Mes proches, mes amis et les supporters bordelais vont me soutenir», sourit Nicolas Depoortere, pur produit régional, né à Pessac en Gironde, initié à l’école de rugby d’Izon avant, à 13 ans, d’intégrer le centre de formation du CA Bègles, devenu depuis Union Bordeaux-Bègles.
Le champion d’Europe a suffisamment convaincu le staff lors des entraînements pour pousser le capitaine face à l’Afrique du Sud, Gaël Fickou, hors de la feuille de match. À son tour d’être associé au Toulousain Pierre-Louis Barassi. Le Stade, l’adversaire attitré de l’UBB depuis deux saisons et deux finales perdues. Il feint de grimacer. «La rivalité Bordeaux-Toulouse, elle existe sur le terrain, c’est normal. Mais avec Pierre-Louis, ça fait deux ans qu’on s’entraîne ensemble régulièrement à Marcoussis. Ça crée une complicité, on commence à bien se connaître. Et on s’est rapproché un peu plus encore lors de la tournée en Nouvelle-Zélande cet été.» Parés donc pour faire la paire.
Passer la publicité« Je n’ai pas toujours réussi mes plaquages sur Tuisova. C’est un sacré gros morceau… »
Nicolas Depoortere
Et se retrouver face à la menace fidjienne, composée de Kalaveti Ravouvou (Bristol) et Josua Tuisova (Racing 92, après avoir joué à Toulon et Lyon). Deux rocs capables d’éclairs. Aussi costauds à l’impact que foudroyants avec leurs appuis. Nouvelle grimace. «Depuis des années, Tuisova fait des ravages en Top 14. Il est surpuissant et, malheureusement, il n’y a pas que lui dans ce genre en face. Ça va être intense et rude. Je vais revoir quelques actions. Comment j’ai pu le contrer ou pas. Je n’ai pas toujours réussi mes plaquages sur lui, avoue-t-il en riant. C’est un sacré gros morceau…»
Face à ces Fidjiens «volants», faut-il rentrer dans la sarabande d’un jeu désordonné, à outrance, ou, au contraire fermer à double tour en espérant placer des contres assassins ? «On a pour optique d’accélérer le jeu et de ne pas leur laisser le ballon, révèle Nicolas Depoortere. Ils ont beaucoup de facteurs X et c’est compliqué de défendre dans la détresse face à eux.» Mais pas de complexes nourris pour autant. «Les Fidjiens sont réputés être une équipe physique, mais nous aussi. On peut rivaliser, on a les armes pour les contrer», assure le centre bordelais.
Champion du monde U20 en 2023
Ce que confirme Patrick Arlettaz, l’entraîneur en charge de l’attaque tricolore. «Nicolas est très explosif et très physique. Il est grand mais va très vite (1,94 m ; 94 kg). Et puis, il a cette fraîcheur qui fait qu’il ne se pose pas trop de questions. Il attaque la ligne et prend des initiatives, apprécie le technicien. En plus, il commence à avoir l’expérience du haut niveau et il a une espèce de leadership naturel en ne se mettant pas la pression. Enfin, il est très en forme depuis le début de saison.»
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Ses statistiques confirment la dynamique : six essais inscrits en sept matchs de Top 14 avec l’UBB. Et son caractère a déjà été récompensé par plusieurs capitanats de l’équipe girondine. Autant d’atouts pour que le champion du monde U20 (en 2023) signe un long bail sous le maillot bleu.