"Nous allons d'abord donner la parole aux habitants." La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a annoncé vendredi 14 novembre qu'une "consultation citoyenne anticipée" serait organisée en Nouvelle-Calédonie avant la révision constitutionnelle prévue pour acter l'accord de Bougival, sur fond de dissensions entre indépendantistes.
Cette consultation était initialement prévue après l'adoption de la loi constitutionnelle, mais elle aura probablement lieu en février, conformément au calendrier envisagé lors de la signature du texte en juillet. "Cela donnera de la puissance à ce qui est discuté", a justifié la ministre sur la chaîne Nouvelle-Calédonie la 1ere, au dernier jour de son déplacement dans l'archipel du Pacifique sud, le premier depuis sa nomination en octobre. Depuis sa signature, l'accord de Bougival a connu plusieurs revers, avec notamment son rejet par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), le principal mouvement indépendantiste.
Le FLNKS maintient son refus
L'annonce de la ministre a été saluée par les non-indépendantistes. "Le FLNKS ne veut pas, à ce stade, trouver un accord avec l'Etat et les forces politiques calédoniennes (...) Les autres forces ont donc fait le choix de soumettre l'accord de Bougival aux Calédoniens avant que le Parlement n'ait à adopter une loi constitutionnelle", a de son côté déclaré la cheffe de file des Loyalistes, Sonia Backès.
Selon la Loyaliste, le FLNKS est par ailleurs "affaibli par le départ du Palika", qui a acté vendredi sa sortie définitive de l'alliance indépendantiste. Le Palika, membre du FLNKS depuis 1984 et l'un de ses deux principaux partis avec l'Union calédonienne (UC), a validé l'accord de Bougival. Il est également en désaccord avec le FLNKS depuis les émeutes meurtrières de 2024, lui reprochant notamment l'intégration de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), estimant qu'elle a joué un rôle dans les violences de l'an passé.
Le FLNKS, qui a rencontré la ministre à deux reprises sans participer aux réunions plénières, a de son côté réaffirmé que le "projet dit 'de Bougival' ne saurait constituer une base de travail, car il est contraire au processus de décolonisation". "Je ne ferai pas sans le FLNKS, à condition que le FLNKS ne fasse pas sans les autres", a répliqué Naïma Moutchou. Mais aucune mesure nouvelle n'a été annoncée, alors que Naïma Moutchou était très attendue dans le territoire à l'économie exsangue depuis un an et demi.