Marseille : ce que l’on sait de l’assassinat du frère de l’écologiste et figure des quartiers nord Amine Kessaci

C’est après la mort d’un premier frère qu’Amine Kessaci avait fondé « Conscience », une association qui propose une aide financière et psychologique aux proches des victimes des « narchomicides » et tente de changer le destin des jeunes pris les filets du trafic. Alors qu’il était sous protection policière, celui qui a grandi dans les quartiers Nord et a été candidat écologiste du Nouveau Front populaire aux dernières élections législatives doit faire face à un nouveau drame.

Son petit frère a à son tour été victime d’un assassinat ce jeudi 13 novembre. Aux alentours de 14 h 30, un jeune homme de 20 ans, inconnu des services de police et de justice, a été abattu par balle dans le 4e arrondissement de la cité phocéenne, à deux pas de la plus grande salle de concert de la ville, a d’abord indiqué dans un communiqué le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, avant que l’identité de la victime ne soit révélée. « Une moto s’est portée à hauteur du véhicule de la victime qui venait de se garer. Le passager arrière de la moto a tiré à plusieurs reprises sur la victime, qui était toujours dans son véhicule. Plusieurs étuis de 9 mm ont été retrouvés sur place », a-t-il détaillé.

« S’il s’avérait que c’est un assassinat d’avertissement, on passerait alors dans une nouvelle dimension »

Le parquet a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime. Les investigations ne font que commencer et le lien éventuel avec le narcobandistime n’est pas établi à ce stade. Mais, selon une source proche de l’enquête interrogée par l’AFP, Amine Kessaci était placé sous protection judiciaire depuis la parution d’un livre à la rentrée, une longue lettre adressée à son grand frère Brahim tué dans un narchomicide.

En 2020, son corps avait été retrouvé carbonisé et criblé de balles dans un véhicule près de Marseille. Après d’ultimes recours d’un des mis en cause rejetés par la Cour de cassation début novembre, ce dossier devrait être jugé dans l’année à venir.

« Nous serons là pour toi. Aujourd’hui et tous les jours qui suivront », a lancé Marine Tondelier sur les réseaux sociaux à l’attention de son camarade qui s’était également présenté aux européennes en 2024. Et la secrétaire nationale des Écologistes de souligner les « circonstances atroces » de la perte de ce deuxième frère « qui voulait devenir policier ».

« Je connais le grand frère de la victime qui milite contre le narcotrafic, contre cette gangrène qui tue, qui détruit la jeunesse marseillaise et qui fait du mal », a également réagi le maire de Marseille Benoît Payan sur Franceinfo. « S’il s’avérait que cet assassinat était un assassinat d’avertissement, on passerait alors dans une nouvelle dimension dans quelque chose qu’on n’avait jamais connu », prévient l’édile qui appelle toutefois à attendre d’y voir « d’y voir plus clair pour en tirer des conclusions ».

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