Festival d’Angoulême : comment l’association FIBD tente d’éteindre l’incendie après avoir voulu maintenir 9e Art +, la société de Franck Bondoux, aux manettes

Coup de théâtre ce jeudi 13 novembre. Dans un long communiqué, l’Association FIBD prend acte de la fronde unanime contre les modalités d’attribution du festival à un tandem sorti du chapeau – 9e Art + et la Cité. Un choix qui reconduisait à la direction du festival d’Angoulême pour les dix prochaines années la société 9e Art + créée par Franck Bondoux, l’homme aux manettes du festival depuis 2007, l’homme de tous les scandales.

« Face au tollé entendu et dans un souci d’apaisement, l’Association (…) soucieuse de préserver l’intégrité et la réputation du festival, décide : de rendre caduque les résultats de l’appel à concurrence (…) ; de constituer un comité de pilotage destiné à lancer un nouveau processus de sélection… »

« 9e Art +, encore sous contrat pour deux éditions, ne sera pas reconduite au-delà »

Le comité de pilotage serait composé, poursuit la FIBD, « de 4 membres du collège de l’Association FIBD, du président de l’ADBDA (Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême mise sur pied par le ministère de la Culture en 2017), 3 représentants des financeurs publics, 2 représentants des éditeurs et 2 représentants des auteurices » Et de conclure : « Concernant la société organisatrice actuelle, l’Association, atteste que 9e Art +, encore sous contrat pour deux éditions, ne sera pas reconduite au-delà ».

La direction de 9e Art + a saisi la balle au bond, envoyant à son tour un communiqué dans la foulée de celui du FIBD. Un communiqué pour le moins surprenant qui parle de « tunnel d’incompréhension » et d’un « désir commun d’apaisement », rappelant le départ acté de Franck Bondoux, leur patron, pour 2028 qui « marque l’amorce d’une nouvelle étape » et estime que « l’heure n’est plus aux silences ni aux incertitudes mais à un engagement fort, clair et collectif ». Un positionnement qui a des airs de sermon à l’intention des autrices et auteurs qui, entre les lignes, peut s’entendre comme une injonction à en rester là maintenant que tout va rentrer dans l’ordre…

Il aura fallu neuf mois de mobilisation inédite, la menace d’un boycott massif chez les autrices et auteurs, pour obtenir cette première victoire. Pour l’heure, le boycott de l’édition 2026 n’est pas levé. Les autrices et auteurs n’ont pas encore réagi mais ne devraient pas tarder. On les voit mal rentrer dans le rang.

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