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Il est la bête noire de Recep Tayyip Erdogan. Ekrem Imamoglu pourrait bien finir sa vie en détention. Le très populaire maire d'Istanbul (Turquie) et membre du Parti social-démocrate turc risque jusqu'à 2 340 ans de prison. Il est accusé d'être à la tête d'une organisation criminelle. Il aurait commis, selon le procureur d'Istanbul, plus de 240 infractions : "En tant que dirigeant d'une organisation, Ekrem Imamoglu est également tenu responsable des crimes commis par d'autres."
C'est en mars dernier qu'Imamoglu est arrêté puis incarcéré. Pendant des jours, des milliers de manifestants s'étaient rassemblés pour réclamer sa libération et défendre la démocratie turque : "On va se battre pour la justice, il n'y a plus d'État de droit. On n'accepte pas ce qui lui arrive. C'est un élu" ; "Ils essaient de censurer la volonté du peuple, mais on est là pour défendre la démocratie."
Ekrem Imamoglu nie les charges
Un édile charismatique, le maire d'Istanbul est réélu triomphalement en 2024 et se pose en principal rival du président turc et de sa politique autoritaire. Tous ces procès n'auraient qu'un seul objectif pour Erdogan : maintenir le candidat populaire en prison pour les élections de 2028.
"Il veut être sûr qu'en face de lui, ou en face de son candidat, il n'y ait pas Imamoglu. Parce que les enquêtes d'opinion aujourd'hui montrent que s'il y avait élection aujourd'hui, Imamoglu gagnerait à peu près au moins 10 points d'écart face à Erdogan", explique Ahmet Insel, économiste et ancien professeur à l'Université Galasataray. Ekrem Imamoglu nie aujourd'hui toutes les charges qui pèsent contre lui.