Soudan : une ONG présente sur place dénonce les exactions commises par les paramilitaires à El-Facher

Après la prise de la ville d'El-Facher par les Forces de soutien rapide (FSR), ces paramilitaires qui s'opposent depuis deux ans à l'armée du général al-Burhane, l'OMS a dénoncé mercredi 29 octobre une tuerie de masse dans une maternité qui servait d'hôpital : plus de 460 personnes y ont été abattues. Cette ville de l'ouest du Soudan a été assiégée pendant 18 mois avant de tomber en début de semaine, et les humanitaires présents dans la région recueillent des récits de civils traumatisés.

Mary Bruce, de l'ONG NonViolent Peaceforce, porte secours depuis quatre jours à des centaines de Soudanais qui rejoignent la ville de Tawilah, à 60 kilomètres d'El-Facher. Elle raconte que beaucoup de femmes et d'enfants arrivent exténués par une longue marche : "C'est très compliqué, parce que les gens se déplacent dans l'obscurité pour des raisons de sécurité, et pas sur les routes principales. L'une des histoires que nous avons entendues, c'est celle d'une personne qui passait devant de jeunes enfants. Ils pleuraient sur le corps de leur mère : elle avait succombé à la déshydratation et à l'épuisement le long de la route."

Soupçons de "nettoyage ethnique"

En raison du siège imposé par les Forces de soutien rapide, les habitants d'El-Facher ont été contraints de se nourrir de fourrage pendant des mois. Les survivants témoignent également d'exactions commises par les paramilitaires, connus également pour cibler les populations non arabes. "Violences sexuelles, tortures, passages à tabac, extorsions, détaille Mary Bruce, qui ajoute : Nous ne disposons pas de données claires à ce sujet pour le moment, mais il semble y avoir une séparation des gens en fonction de leur origine." Du nettoyage ethnique donc, en plus des multiples crimes de guerre dont les paramilitaires devront un jour répondre.