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De la prise de la ville d'El-Facher, seulement quelques images, sur lesquelles on voit des combattants des Forces de soutien rapides, paradées après leur victoire contre l'armée soudanaise. Et puis il y a ces photos de cadavres, elles auraient été prises dans une maternité où plus de 400 civils auraient été tués.
"Mon mari est mort. Ils l'ont tué"
Le Darfour, une région de l'ouest du Soudan, en guerre depuis deux ans et demi, au moins 150 000 morts. Les paramilitaires contrôlent aujourd'hui une large partie du territoire après leur dernière conquête. "La libération d'El Facher n'est pas seulement un changement stratégique dans la guerre, mais aussi un changement vers l'unité du Soudan", a affirmé Mohamed Daglo, chef des Forces de soutien rapide.
Cette bataille a surtout provoqué un nouvel exode. Sur la route, des milliers de soudanais qui ont fui les combats de ces derniers jours, surtout des femmes et des enfants. Ces deux jeunes filles ont quitté précipitamment El-Facher. Elles racontent les exactions commises par les paramilitaires. "Beaucoup d'hommes armés sont arrivés. Nous n'étions pas assez forts pour nous opposer à eux. Ils ont essayé de séparer les femmes, mais nous avons refusé. Moi, mon mari est mort. Ils l'ont tué", raconte l'une d'elles.
Tawila, un camp épargné par la guerre
Pour survivre, ces réfugiés ont rejoint une zone épargnée par les combats à 60 km d'El-Facher. Tawila est son immense camp de tentes. Une équipe de France Télévisions s'est rendue sur place il y a quelques jours. Ici, s'entassent 570 000 personnes. Parmi elles, cette grand-mère qui s'est sauvée avec sa fille et ses petits-enfants. "Le voyage jusqu'ici était tellement difficile. On avait soif, on devait se cacher. Pendant trois jours, même les enfants n'avaient rien à manger", témoigne-t-elle.
Ces populations déplacées dépendent de l'aide alimentaire qui peine à parvenir jusqu'ici. L'eau manque et est rationnée. Tawila ne cesse d'accueillir de nouveaux réfugiés. Avec les mauvaises conditions d'hygiène, les ONG craignent l'apparition d'épidémies comme le choléra.
Dans un rapport, une commission d'enquête des Nations unies accuse les deux camps qui s'affrontent au Soudan d'atrocités, de crimes de guerre et, pour les paramilitaires, de crimes contre l'humanité.