À Taverny (Val-d’Oise), Sauveur Cristofini s’est distingué lors des championnats de France en petit bassin du 23 au 26 octobre. Sur le 200 m 4 nages, il a amélioré les performances d’un certain Léon Marchand : avec le record de France des moins de 16 ans (1’59’’97 contre 2’00’’66 pour le Toulousain) en séries, puis celui des moins de 17 ans en finale (1’57’’86 contre 1’58’’07). Avec au passage un record d’Europe juniors. Il a également effacé des records de sa classe d’âge Yannick Agnel sur 200 m, 400 m et 800 m nage libre. Et il a décroché sa qualification pour les championnats d’Europe 2 au 7 décembre en petit bassin à Lublin, en Pologne. Découverte d’un phénomène qui fêtera ses 16 ans le 29 novembre.
Premières médailles chez les séniors
Médaillé d’argent (en 7’42’’47) d’un 800 m remporté par Emile Vincent (7’41’’52) et médaillé de bronze du 200 m nage libre (derrière Roman Fuchs et Mewen Tomac), Sauveur Cristofini a remporté à Taverny ses premières médailles chez les séniors. Probablement le début d’une longue série.
Des racines corses
Né à Marseille, Sauveur Cristofini plonge au Sporting de la Corniche à 5 ans. En 2024, il a rejoint Philippe Lucas (l’ancien entraîneur de Laure Manaudou) à Martigues. « Il nage depuis cette saison sous les couleurs du club ajaccien du Gazéléc pour renouer avec ses origines corses. Son grand-père paternel, aujourd’hui décédé, était originaire de Propriano », raconte France 3 .
Un solide gabarit
« Ce garçon d’un mètre 90, chaussant du 50 (!), amoureux de pêche, de lecture, d’échecs et de guitare, est l’un des très grands espoirs de la natation tricolore », assure La Voix du Nord. L’espoir impressionne par sa force tranquille. Yohann Ndoye-Brouard (médaillé de bronze des derniers championnats du monde à Singapour sur 100m et 200 m dos) a confié à RMC : « Il est physiquement très massif pour un jeune de 15 ans. Il a des mains gigantesques, il doit faire du 50 ou du 52 et il a des mensurations hors normes. Je me souviens que Léon (Marchand), à cet âge-là, était deux fois moins épais. »
L’œil de Philippe Lucas
« Il ne faut pas sauter les étapes, mais s’il continue comme ça, qu’il n’a pas de problème, pas de blessure, de la motivation, et qu’il reste sérieux dans le travail, je pense que dans un an et demi, il peut faire très mal. Il est entouré d’une famille qui met tout en place pour qu’il réussisse. Il a encore plein de choses à améliorer, heureusement d’ailleurs, mais c’est surtout un garçon qui est travailleur et à l’écoute », a résumé dans Le Parisien Philippe Lucas, l’ancien mentor de Laure Manadou qui s’y connaît en prodige.
Il rêve des JO… 2028
Champion d’Europe junior du relais du 4 x 200 m nage libre, l’été dernier en Slovaquie, Sauveur Cristofini a savouré l’épisode des championnats de France sans se laisser étourdir : « C’est le fruit de plusieurs mois d’entraînements. Maintenant retour au travail pour la longue saison qui reste à venir », a-t-il écrit sur Instagram. Dans son viseur les JO (Los Angeles 2028 et Brisbane 2032). Léon Marchand avait découvert les Jeux à Tokyo en 2021 à 19 ans (6e de la finale du 400 m 4 anges) avant de dominer les Jeux de Paris 2024 (4 médailles d’or et 21 de bronze). L’exemple à suivre…