Un bateau de guerre américain et un corps des marines américains sont attendus à partir de dimanche à Trinité-et-Tobago, pays voisin du Venezuela, pour des exercices, a annoncé le ministère trinidadien des Affaires étrangères jeudi 23 octobre dans un communiqué.
"L'USS Gravely (...) visitera Trinité-et-Tobago du 26 au 30 octobre, s'amarrant à Port-d'Espagne, tandis que la 22e Unité expéditionnaire des Marines des États-Unis mènera un entraînement conjoint avec les Forces de défense de Trinité-et-Tobago (TTDF) pendant la même période", selon le texte du gouvernement de l'archipel dont la pointe occidentale est à une dizaine de kilomètres du Venezuela.
Cette visite survient alors que Washington a déployé sept navires de guerre dans les Caraïbes et un dans le Golfe du Mexique, officiellement dans le cadre d'une opération contre le narcotrafic, visant particulièrement le Venezuela et son président Nicolas Maduro.
"La présence des forces militaires américaines à Trinité-et-Tobago met en évidence l'engagement des États-Unis en faveur de la sécurité régionale et des efforts de coopération dans les Caraïbes. (Elle) renforce la coopération militaire entre les États-Unis et Trinité-et-Tobago", souligne le ministère qui ne fait aucune mention du Venezuela.
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La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, est une fervente soutien de président américain Donald Trump, et a adopté dès son accession au pouvoir en mai 2025, un discours virulent contre l'immigration et la criminalité vénézuélienne dans son pays. "Trinité-et-Tobago est particulièrement reconnaissant de la présence militaire américaine dans le sud des Caraïbes", a-t-elle notamment dit à l'Assemblée générale des Nations unies en septembre.
Au moins 37 morts dans neuf attaques
Washington a revendiqué neuf attaques ces dernières semaines, qui ont fait au moins 37 morts au total. Des experts ont remis en question la légalité de ces frappes dans des eaux étrangères ou internationales, contre des suspects qui n'ont pas été interceptés ou interrogés.
Deux Trinidadiens auraient été tués dans une frappe américaine mi-octobre, selon leurs familles, mais les autorités trinidadiennes n'ont pas confirmé ni infirmé ces décès pour le moment.
Face au déploiement américain dans les Caraïbes, Nicolas Maduro a ordonné une série d'exercices militaires depuis août, soulignant jeudi que lors de ces entraînements, des équipements achetés à la Russie et à la Chine ont été testés. "Merci au président (Vladimir) Poutine, merci à la Russie, merci à la Chine et merci à de nombreux amis dans le monde, le Venezuela dispose d'un équipement pour garantir la paix", a-t-il déclaré.
Pour Nicolas Maduro, Washington se sert du trafic de drogue comme prétexte "pour imposer un changement de régime" et s'emparer des importantes réserves de pétrole de son pays.
"Non à la guerre des fous"
"¡No crazy war, Please! Please, please! No a la guerra loca, No crazy war!", a encore déclaré jeudi Nicolas Maduro lors d'une assemblée avec des syndicats proches du pouvoir adressant un message aux "travailleurs" des États-Unis. "Cela s'appelle un langage tarzanesque, façon Tarzan ! Si on traduit c'est : 'pas de guerre, pas de guerre, pas vouloir guerre, non à la guerre des fous, non à la folie de la guerre'", a plaisanté le président vénézuélien.
De son côté, le ministre vénézuélien de la Défense a assuré jeudi que toute opération de la CIA contre son pays "échouerait", après que le président américain Donald Trump a autorisé des opérations clandestines contre le Venezuela. "Nous savons que la CIA est présente" sur le sol vénézuélien, a déclaré le ministre Vladimir Padrino. Les Américains "pourront bien envoyer je ne sais combien d'agents affiliés à la CIA dans des opérations clandestines de n'importe quel point du pays, toute tentative échouera".
De son côté, le président colombien Gustavo Petro, aux relations tendues avec Donald Trump, a accusé jeudi le gouvernement américain de commettre des "exécutions extrajudiciaires" avec ses frappes dans les Caraïbes et le Pacifique.
Dans "ce type de manœuvres, qui selon nous enfreignent le droit international, les États-Unis (...) commettent des exécutions extrajudiciaires", a déclaré le président de gauche lors d'une conférence de presse à Bogota, demandant à ce que les personnes suspectées de transporter de la drogue soient jugées et non tuées. "Il y a un usage disproportionné de la force qui est puni par le droit international humanitaire", a insisté Gustavo Petro. Selon le président colombien, au cours de ces opérations, les États-Unis ont violé les eaux nationales et "tué" un pêcheur colombien.
Avec AFP