Meurtre de Lola : la réclusion criminelle à perpétuité incompressible requise contre Dahbia Benkired

La réclusion criminelle à perpétuité incompressible : c’est ce qu’a requis l’avocat général ce vendredi matin 24 octobre contre Dahbia Benkired, jugée pour le meurtre de Lola, 12 ans, le 14 octobre 2022. Elle est accusée de « meurtre d’un mineur de 15 ans », et de « viol commis sur un mineur avec torture ou acte de barbarie ».

Dans sa plaidoirie qui a duré plus d’une heure, l’avocat général a évoqué l’horreur des crimes commis, l’absence d’empathie, l’incohérence et la frustration de l’accusée. « La situation de Dahbia Benkired, si elle est atypique, c’est du fait de son extrême dangerosité », a-t-il martelé, soulignant « le risque de récidive maximum, notamment du fait de l’absence de traitement adapté ».

« On ne saura jamais complètement »

Tout au long du procès, il a été compliqué voire impossible de déterminer le motif du meurtre de Lola. Le 14 octobre 2022, l’adolescente rentre du collège lorsqu’elle rencontre en bas de son immeuble du XIXe arrondissement de Paris, dont ses parents sont les gardiens, Dahbia Benkired, qui habite temporairement chez sa sœur. Sous la contrainte, elle la suit dans son appartement où la jeune femme la force à se déshabiller, prendre une douche, se laisser toucher la poitrine, et faire un cunnilingus. « Pour moi, vu qu’elle a pas dit non, c’est oui », lâche l’accusée pendant le procès.

Dahbia Benkired assène ensuite à la jeune fille des coups de ciseaux et cutter. Des quarante plaies de lames retrouvées par les médecins légistes, elle ne reconnaît qu’un coup. Enroulée d’adhésif des pieds à la tête, Lola meurt d’asphyxie avant d’être transportée dans une malle par sa meurtrière. Celle-ci a ensuite pris la fuite.

Pourquoi ce meurtre ? C’est la question à laquelle la famille réclamait une réponse. Pour Me Karine Bourdié, avocate de la famille, « on ne saura jamais complètement ». Ensorcellement, projection de la haine qu’elle avait contre son ex, effets secondaires des médicaments, les mobiles avancés ont varié. Pour l’avocat général, « le motif premier de ce crime, il est de l’ordre de la pulsion sexuelle et de la satisfaction et du plaisir de l’accusée ».

Le frère de Lola, qui a perdu son père mort quelques mois après le drame, a lui prévenu : « Je n’attends plus la vérité, avec tout ce qu’elle raconte… Je sais que je ne l’aurai pas. »

Pas de discernement « aboli »

Face à l’incompréhension, des experts psychiatres et médecins ont été interrogés pour tenter d’établir le profil de la tueuse. Ils en ont dressé un portrait glaçant mais sans « trouble psychique qui aurait aboli ou altéré son discernement ».

À la barre, les médecins ont exclu « toute pathologie psychiatrique » de Dahbia Benkired : « pas d’éléments psychopathologiques déresponsabilisants », « pas d’élément en lien avec la psychose, pas de trouble de l’humeur, pas de trouble anxieux ».

Les psychiatres ont également évoqué certains de ses propos. « J’ai compris que ça m’avait fait du bien », cite un des rapports. Un deuxième expert a lui expliqué qu’il n’a relevé chez Dahbia Benkired « aucune empathie pour la victime et sa famille ».

Une affaire reprise par la droite

Contre la volonté de la famille, l’extrême droite ne s’est pas gênée pour instrumentaliser l’affaire et instiller son racisme. La situation de Dahbia Benkired, sous OQTF au moment des faits, a été utilisée pour jeter l’opprobre sur tous les migrants. Le groupuscule Les Natifs a déployé, le jour de l’ouverture du procès, une banderole « Aujourd’hui, des Algériens tuent des Français », une manifestation avait également été organisée par l’extrême droite, le groupe Nemesis s’y était exprimé. Autant de récupérations politiques qui ont indigné la famille de Lola.

« Toute nouvelle préemption de la mémoire et de l’image de sa fille est insupportable à notre cliente. Veut-on à ce point tout lui prendre ? », a prévenu, dans les colonnes de Libération en amont de la première audience, Me Clotilde Lepetit l’avocate de Delphine Daviet, la mère de Lola.

Et de préciser : ce sont bien les proches de Lola les « seuls gardiens de sa mémoire », elle qui était « trop jeune pour servir les débats haineux », alors que « ce qu’elle aimait, c’était manger des crêpes et faire de la gym ». La famille avait déjà demandé une semaine après le meurtre à ce que « cesse instamment, et soit retirée, toute utilisation du nom et de l’image de leur enfant à des fins politiques ».

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