Plus de 1 500 personnes font l'objet de poursuites au Maroc après les manifestations du collectif Gen Z 212, a indiqué, vendredi 24 octobre, une ONG locale. Un millier d'entre eux ont été placés en détention. Ils réclamaient de meilleurs services publics d'éducation et de santé. L'ONG réclame "la libération de tous les détenus" arrêtés pendant les rassemblements.
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Sur ce total, 240 personnes ont déjà été condamnées par un tribunal d'Agadir, dont 39 à des peines comprises entre six et quinze ans de prison, a précisé à la presse Souad Brahma, présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH). Des centaines d'autres ont écopé de trois mois à un an de prison dans d'autres tribunaux, selon cette avocate.
Les chefs d'accusation vont de l'"organisation de manifestations non autorisées" à "l'usage d'armes blanches" en passant par la "dégradation de biens" ou "outrage et violence envers des forces de l'ordre", a ajouté Maitre Brahma, appelant à "garantir à l'ensemble des poursuivis des procès équitables".
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L'avocate a appelé "à l'ouverture d'enquêtes impartiales sur les violations (des droits, ndlr) qui ont eu lieu durant les manifestations".
L'AMDH a précisé que son bilan ne fait pas de distinction entre manifestants et personnes impliquées dans des violences.
"Effort budgétaire" pour 2026
À partir du 27 septembre, le collectif GenZ 212 a organisé des rassemblements pacifiques à travers le pays pour exiger des réformes dans les secteurs de la santé et de l'éducation, la "fin de la corruption" et le limogeage du gouvernement.
Les premiers jours où les manifestations étaient interdites, la police a procédé à des centaines d'interpellations.
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En marge du mouvement, deux soirées ont été marquées par des actes de vandalisme et des heurts qui ont fait trois morts près d'Agadir, dont un étudiant en cinéma venu, selon ses proches, documenter la protestation. Le collectif a appelé à de nouvelles manifestations "pacifiques" samedi et dimanche.
Quasi quotidiens pendant deux semaines, les rassemblements se sont raréfiés, mobilisant de moins en moins de jeunes, notamment après un discours du roi le 10 octobre qui a exigé une accélération des réformes sociales et l'annonce la semaine passée par le gouvernement d'un "effort budgétaire" pour 2026 de 13 milliards d'euros pour la santé et l'éducation.
Au Maroc, les inégalités sociales demeurent un défi majeur. Le pays est marqué par de fortes disparités régionales et un écart persistant entre les secteurs public et privé.
Avec AFP