Tour de France 2026 : Barcelone, L’Alpe d’Huez deux jours de suite, Montmartre… Découvrez la carte du parcours officiel

Barcelone, la tradition des grands rendez-vous

Après Florence en 2024 et avant Édimbourg en 2027, Barcelone s’installera comme le 27e Grand départ de l’étranger du Tour de France. Le 3e d’Espagne (après Saint-Sébastien en 1992 et Bilbao 2023). « Le départ va être fort, c’est une évidence. Parce que c’est Barcelone. Mon souvenir de Barcelone, ce n’est pas le Tour, même si le Tour y est allé en 1957, en 1965 et en 2009. Mon souvenir de Barcelone, c’est Marie-Jo Pérec  (médaillée d’or du 400 m des JO de 1992). Marie-Jo qu’on a d’ailleurs le bonheur de voir sur le Tour assez régulièrement. Et c’est aussi Fabio Casartelli  (le coureur italien champion olympique de la course en ligne en 1992) qui, trois ans après, a perdu la vie sur les routes du Tour de France (dans la descente du col de Portet-d’Aspet) », résume Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France. « Barcelone, la seule ville qui, à ce jour, a déjà accueilli la Coupe du monde de football en 1982, les Jeux Olympiques et Paralympiques en 1992 et la Coupe de l’America en 2024, trois événements majeurs du sport », résume le maire Jaume Collboni Cuadrado.

Un contre-la-montre par équipes pour débuter

Pour la première fois depuis le grand départ du Tour 1971 (11 km autour de Mulhouse) et le succès de l’équipe Molteni du tout-puissant Eddy Merckx, le Tour proposera un contre-la-montre par équipes en ouverture. 19,4 kilomètres au programme. Après un départ tout près du port olympique, les équipes passeront devant la Sagrada Familia, avant les difficultés de fin de parcours (la côte de Montjuïc et la côte du stade olympique). Avant une arrivée proche du stade olympique où le PSG a dominé le FC Barcelone en Ligue des Champions, le 1er octobre. Le lendemain, la 2e étape partira de Tarragone pour revenir à Barcelone.

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« Lorsque les coureurs seront réunis pour le départ, le peloton du Tour de France n’aura jamais fréquenté de terres aussi australes, la percée se situant une poignée de kilomètres plus proche de l’équateur que Bonifacio, la cité corse visitée en 2013 », précise Christian Prudhomme. Sur le parcours vers Barcelone (182 km), le peloton trouvera la côte de Begues (6,1 km à 6,5 %), avant un circuit urbain à parcourir trois fois (10,3 km). Avec, au menu : la montée du château de Montjuïc (1,6 km à 9,3 %) et la côte du stade Olympique. Comme la veille. Christian Prudhomme glisse dans un sourire : « La montée de Montjuïc, c’est 1600 m à plus de 9 %. Et les trois derniers vainqueurs lors du Tour de Catalogne s’appellent Evenepoel, Pogacar et Roglic. Ils dessinent le portrait-robot du vainqueur potentiel. Donc il n’y a pas de dessin à faire ni d’explication complémentaire nécessaire. »

7 étapes pour sprinters

« Avoir vu deux étapes sans la moindre attaque, nous a forcément marqués. Donc, on a fait en sorte de réduire la distance des étapes de plaine et d’essayer de mettre les agrémentés de quelques bosses quand c’est possible », assure Christian Prudhomme. Au final, sept étapes pourraient convenir aux sprinters : Pau (5e), Bordeaux (7e), Bergerac (8e), Nevers (11e), Chalon-sur-Saône (12e), Voiron (17e), Paris (21e).

Une curiosité nommée Gavarnie dans les Pyrénées

Les Pyrénées arriveront vite. « L’arrivée aux Angles (3e étape), une station, c’est la première fois. C’est une arrivée dans les Pyrénées-Orientales. La montée est courte (1,7 km à 6,5 %) mais avec 3950 m de dénivelé, en montant au col de Toses (9,3 km à 6,5%), qui est très dur, avant d’être en permanence sur les plateaux autour de Font-Romeu. Dans un paysage magnifique. De Pau à Gavarnie-Gèdre (6e étape), ce sera plus classique avec l’Aspin et le Tourmalet, mais en même temps avec une arrivée inédite vers Gavarnie-Gèdre, une très longue montée finale, mais très roulante (18,7 km, mais à 3,7%), d’où on verra, bien sûr, le cirque de Gavarnie. On va respecter l’environnement, on n’ira évidemment pas au pied, mais l’illusion sera totale avec l’hélicoptère. Les Pyrénées seront tout sauf édulcorées, mais on n’a pas voulu les durcir outre mesure », confie Christian Prudhomme.

Le Lioran s’installe

La 10e étape, accidentée, entre Aurillac et Le Lioran (167 km), passera par le Cantal et l’Aveyron en empruntant le col de la Griffoul (1336 m ; 5,9 km à 6,7%), le Puy Mary-Pas de Peyrol (1589 m ; 7,8 km à 6%) et le col du Pertus (4,4 km à 8,5%) avant l’arrivée au Lioran (1242 m). « C’est totalement dans l’esprit de ce qu’on fait depuis une dizaine d’années d’aller chercher ailleurs que dans les Alpes et les Pyrénées des parcours hautement probants, sachant que pour moi plus belle étape du Tour 2024, c’était celle du Lioran, avec ce final Vingegaard vainqueur ce jour-là devant Pogacar », souligne Christian Prudhomme.

Le Markstein repasse

Le Tour reviendra, comme en 2023, se poser au sommet du Markstein (1192 m). Cette année-là, le virage Pinot traversé par une émotion considérable était, en cours d’étape, entré dans la légende du Tour. Lors de la 14e étape, le peloton empruntera le Grand Ballon (21,5 km à 4,8%), s’offrira deux passages au Markstein avec au passage l’inédit col du Haag (11,2 km à 7,3%), une ascension sur une voie verte nouvellement tracée « une variante au Grand Ballon avec des pentes extrêmes à 15%, une montée qui est très, très irrégulière sur l’ancien chemin forestier transformé en voie cyclable. Donc là, ça va faire mal », avance Christian Prudhomme.

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Un chrono « explosif » à Evian

Après Barcelone (1ere étape), l’autre contre-la-montre (individuel) de l’édition sera couru lors de la 16e étape entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains (26 km). « Avec un départ d’étape à Evian, qui était le premier grand départ, on ne disait pas grand départ à l’époque, mais hors de Paris en 1926. Donc cela fera 100 ans. C’était le Tour le plus long de l’histoire, 5 745 kilomètres », rappelle Christian Prudhomme. Un chrono traversé par la côte de Larringes (9,7 km à 4,3%) dont le profil n’a rien « d’une promenade sur les rivages du lac Léman. Un tiers de montée, un tiers de descente, un tiers de plat : un cocktail explosif que seuls les rouleurs complets peuvent digérer », retient le directeur du Tour. Remco Evenepoel a dominé les derniers exercices chronométrés (contre-la-montre de Caen sur le Tour 2025, avant de remporter les titres aux championnats du monde au Rwanda, puis aux championnats d’Europe en France).

Les Alpes, le gros morceau

13 des 30 cols au programme du Tour 2026 se trouvent plantés dans les Alpes qui annoncent une troisième semaine de tous les défis, de toutes les folies. Avec 4 des 8 arrivées en montagne (Plateau de Solaison, Orcières-Merlette et L’Alpe d’Huez deux fois). « Cela commencera par le Plateau de Solaison (15e étape) qui est inédit sur le tour, c’est 11 km d’ascension à 9%, avec un pied qui est terrible, 4 km à plus de 10%, sachant que le Salève (4,7 km à 11,2%) était avant lors de cette étape. Et puis deux fois L’Alpe d’Huez pour finir (19 et 20e étapes). Dans l’histoire du Tour, on avait mis le Ventoux en 2009, l’avant-dernier jour, on a eu l’Alpe d’Huez en 2015, quand Thibaut Pinot gagne, on a eu Joux-Plane en 2016… mais on n’a jamais eu 5600 m de dénivelé à la veille de l’arrivée finale (avec le col de la Croix de Fer, le col du Galibier, le col du Télégraphe et le col de Sarrene avant L’Alpe d’Huez). Avant la 20 étape, la plus grosse étape de montagne en dénivelé sur le parcours, c’est Gavarnie (6e étape), 4150 m. Par les cols d’Aspin et du Tourmalet, 4150 m. Là, ce sera 5600 m de dénivelé, à la veille de l’arrivée finale, au bout de trois semaines. Cela veut dire que là, très clairement, le leader écrasera peut-être encore plus la course mais en tout cas, ce jour-là, il ne faudra pas être en baisse de régime parce qu’autrement, tout va exploser. C’est une certitude… », plante Christian Prudhomme.

L’Alpe d’Huez voit double

L’Alpe d’Huez, le plus populaire des cols du Tour de France (visité pour la dernière fois en 2022 avec la victoire de Tom Pidcock) reviendra sur la carte non pas mais deux fois. Posé sur la carte de la Grande Boucle pour la première fois en 1952 (victoire de Fausto Coppi) et première arrivée au sommet de l’histoire de la Grande Boucle, l’ascension aux 21 lacets a contribué à la grande histoire de l’épreuve. L’Alpe d’Huez qui pensait avoir tout connu, avec notamment la double ascension en 2013 (victoire de Christophe Riblon) découvrira la double exposition avec deux passages en deux jours. Avec les 21 lacets en conclusion de la 19e étape partant de Gap (128 km), avant l’arrivée de la 20e étape avec plus de 5600 m de dénivelé positif (la seule de l’édition à plus de 5000m) avec les ascensions des cols de la Croix de Fer, du Télégraphe et du Galibier, avant le retour à L’Alpe d’Huez par le col de Sarenne. « On jouera sur le contraste, la ferveur, la liesse, l’enthousiasme, la foule, dans les 21 virages le vendredi et le samedi, le silence du col de Sarenne, une zone protégée, avant de retrouver la station de L’Alpe, et à nouveau un mont de fou », s’enthousiasme Christian Prudhomme.

Montmartre, la confirmation

L’envie était claire. Du côté des organisateurs et des autorités. Le passage du peloton dans la Butte Montmartre, un an après le succès des Jeux de Paris 2024, était directement entré dans le livre d’or de l’événement. Le peloton du Tour repassera par Montmartre lors de la 21e et dernière étape qui partira de Thoiry (130 km). « Un grand merci au Préfet de police de paris, devenu ministre de l’Intérieur (Laurent Nunez) qui nous a confirmé que nous pourrions à nouveau passer par Montmartre, avec juste un changement qui est que cela ne passera plus autour de la Madeleine. Donc on a les 3 tours de circuit, les coureurs vont passer à Montmartre, revenir à l’Étoile, redescendre les Champs-Élysées et remonter. Ce qui donnera peut-être un peu plus de chance à un sprinter (la ligne d’arrivée sera à 15 km du Sacré-Cœur), ce qui me va bien dans le cas de figure de 2026 parce qu’on a l’Alpe d’Huez deux fois, la veille et l’avant-veille », détaille Christian Prudhomme.