Alpes-Maritimes : toujours pas de lieu pour un nouveau CRA après l’abandon du projet dans la prison de Grasse
Les autorités continuent de travailler pour trouver un emplacement à un nouveau centre de rétention administrative dans les Alpes-Maritimes, qui est très attendu en raison de la vétusté et du manque de place dans l’actuel situé à Nice.
Passer la publicité Passer la publicitéRetour à la case départ, ou presque. Un emplacement pour un nouveau centre de rétention administrative (CRA) dans les Alpes-Maritimes est toujours recherché par les autorités après l’abandon récent du projet d’extension dans la maison d’arrêt de Grasse, qui était pourtant envisagé par l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau en juin dernier.
Des études ont bien été menées à la demande de Beauvau, indique la préfecture des Alpes-Maritimes, mais elles ont conclu à de trop grandes difficultés techniques et financières pour construire ce CRA rattaché à la prison, le tout dans un délai raisonnable.
Passer la publicitéLe maire de Grasse Jérôme Viaud (Les Républicains) se dit depuis longtemps favorable à un agrandissement de la prison, des terrains étant disponibles. «J’ai toujours plaidé pour un doublement de la taille de cette maison d’arrêt et je préfère cela plutôt qu’un CRA car la position de Grasse comme cité judiciaire serait renforcée», explique l’édile au Figaro, précisant qu’il a de nouveau écrit et pris contact avec le nouveau garde des Sceaux, Gérald Darmanin, «qui s’est engagé à venir avant la fin de l’année».
L’actuel centre de rétention pour les étrangers délinquants en voie d’expulsion se trouve à Nice au sein de la caserne Auvare mais devient vétuste et ne compte que 40 places. D’autres localisations dans le département avaient déjà été étudiées avant cette idée d’extension de la prison de Grasse : à La Trinité, commune de la couronne niçoise, puis à côté de l’aéroport de Nice, ce qui avait le plus de sens selon les autorités pour pouvoir renvoyer plus facilement ces ressortissants en situation irrégulière.
Difficultés pour trouver du foncier exploitable
Mais là encore, ces projets ont été abandonnés en raison de complexités qui ne permettaient pas de répondre au cahier des charges d’un CRA. Concernant le projet à proximité de l’aéroport, l’ancien ministre de l’Intérieur avait révélé des risques d’inondations, empêchant l’installation d’une quelconque structure.
«Toutes les pistes vont devoir être rouvertes afin d’augmenter le nombre de places en CRA, ce qui est toujours une priorité», indique au Figaro Aurélie Lebourgeois, directrice de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, qui reconnaît des difficultés pour trouver du «foncier exploitable dans un temps court». La haut fonctionnaire rappelle également qu’il n’existe aucun projet de local de rétention administrative (LRA), des installations temporaires un temps proposé à côté du CRA actuel par le maire de Nice Christian Estrosi.
À terme, le commissariat Auvare de Nice doit fermer en lien avec la fin du grand chantier de l’hôtel des polices. Mais ce transfert se fera «indépendamment du CRA, qui restera là tant qu’une nouvelle structure n’aura pas vu le jour», précise Aurélie Lebourgeois. Les places manquent au sein de ce centre de rétention, où l’évasion de huit détenus en décembre 2024 avait relancé la nécessité urgente d’aménager une nouvelle structure. Pour l’instant, toujours en vain.