Tout juste installé à Bercy, Serge Papin, le ministre des PME, du commerce et du pouvoir d’achat, part en guerre contre les géants asiatiques de l’e-commerce à très bas prix Shein et Temu. «Nous sommes attaqués et il faut nous défendre, a lancé ce mercredi le ministre, ex-PDG de Coopérative U (de 2005 à 2018), lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Les plateformes d’ultra fast fashion, souvent chinoises, pratiquent un dumping massif. Elles ne respectent pas nos normes sociales, environnementales, ni nos exigences de qualité produit.»
La Poste n’a pas été épargnée. Répondant à une question de la députée du groupe Horizons Anne-Cécile Violland, le ministre a fait part de sa «déception» et de son «étonnement» concernant l’accord-cadre conclu entre l’entreprise publique et Temu, «un géant chinois qui nous inonde de produits», dixit le ministre. Ce partenariat scellé la semaine dernière, qui porte sur la distribution des colis du géant asiatique par La Poste, a déclenché de vives critiques de la part des commerçants français et de certains politiques. Un dossier hautement inflammable après plusieurs semaines de polémiques autour de Shein. Le géant chinois de la mode ultra-éphémère a déclenché une déflagration en scellant coup sur coup un partenariat avec Pimkie puis un autre avec la foncière SGM pour installer des magasins Shein au BHV ainsi que dans cinq Galeries Lafayette de province.
Passer la publicitéPeu importe si Shein et Temu séduisent de nombreux consommateurs Français, qui raffolent de leurs produits à prix cassés dans un contexte économique incertain. Et ce, alors qu’ils se montrent de plus en plus critiques envers ces sites en ligne, selon un sondage Ipsos BVA. Le ministre du commerce également chargé du pouvoir d’achat est bien déterminée à lutter contre ces nouveaux concurrents très agressifs, accusés de ne pas jouer à armes égales et de menacer l’avenir du commerce français. «Défendons nos commerces de centres-villes, nos emplois et notre économie, a poursuivi le ministre. Dès mon arrivée, j’ai demandé à la DGCCRF, qui contrôle le respect des règles de consommation et la loyauté des produits sur le marché, d’intensifier les prélèvements et les contrôles.»