« À côté de ce qu’on a subi, Guantanamo ce n’est rien » : l’enfer des Palestiniens revenus des prisons israéliennes

Jénine (Cisjordanie occupée), correspondance particulière.

Les portraits s’étalent fièrement sur les quatre murs de la pièce, grands et nombreux, jusqu’à déborder derrière la télévision, la chaîne hi-fi et la commode. Dans son salon, à l’abri des regards, Fatima laisse exploser la joie qu’elle n’a pas le droit de montrer dehors.

Les autorités israéliennes ont interdit toute manifestation de liesse sous peine de poursuites. Son fils est libre. Ahmad avait 21 ans et pesait 95 kg lorsque l’armée israélienne est venue le chercher, un matin d’avril 2002, l’accusant d’avoir pris part à des attaques contre des citoyens israéliens. Il en a aujourd’hui 44, et n’en pèse plus que 40.

Israël relâche près de 2 000 détenus

« Dès qu’on a appris qu’un échange de prisonniers aurait lieu, on est resté à attendre que le téléphone sonne », raconte Fatima, entourée d’une sœur cadette et des deux frères d’Ahmad. À leurs côtés, leurs épouses ponctuent régulièrement le récit de hochements de tête ou de détails ajoutés à la volée.

Finalement, c’est sur une liste diffusée le vendredi sur les réseaux sociaux que la famille découvre qu’Ahmad fait bien partie des 31 prisonniers originaires de Jénine qui seront libérés deux jours plus tard....