Top 14 : fierté bretonne, pointe à 37 km/h, le choix du RCT... Gaël Dréan prêt à remettre la marche avant

Juste un seul essai de moins. Louis Bielle-Biarrey a terminé meilleur marqueur de la dernière saison du Top 14 avec 13 essais et, à ses basques, on retrouve Gaël Dréan qui a également affolé les compteurs avec 12 essais. Ce dernier affole aussi les chronomètres puisqu’il avait été flashé, de son propre aveu, à 36,8 km/h. Pas loin - encore une fois - de l’ailier de l’UBB qui, lui, avait poussé le compteur jusqu’à 37,8 km/h en mai 2024. Duel de dragsters. Alors, lequel des deux va le plus vite ? «On n’a pas fait la course, mais je dirais que c’est lui», sourit le Toulonnais.

Dans tous les cas, le jeune ailier du RCT (24 ans), sacré révélation de la dernière saison du Top 14 lors de la dernière Nuit du Rugby, a changé de dimension l’an dernier. Mais il prend les choses avec du recul et beaucoup d’humilité : «Je suis ailier et, sans les quatorze autres joueurs avant moi, je n’aurais pas touché beaucoup de ballons. Cela vient donc récompenser notre collectif.»

Peut-être qu’en arrivant à Toulon, il ne se sentait pas forcément légitime. Mais il s’est accroché. Il a été très courageux et il a démontré que c’était possible

Pierre Mignoni
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Pour sa deuxième saison dans le Var, le Breton - formé à Plouzané et ensuite passé par le Rennes Étudiants Club (REC) - a crevé l’écran. Franchissant un cap après une première saison de Top 14 à 7 essais en 19 matches. Le RCT, dès l’an dernier, n’avait pas hésité à prolonger son contrat jusqu’en 2027. À l’époque, son manager Pierre Mignoni avait salué, dans Var Matin, les qualités d’«un garçon qui bosse énormément au quotidien. Il récolte les fruits de son travail. Il y a encore deux ans (en 2022), il évoluait en Fédérale 1 avec Rennes. La saison dernière, il lui a fallu un temps d’adaptation, et c’est normal. Peut-être qu’en arrivant à Toulon, il ne se sentait pas forcément légitime. Mais il s’est accroché. Il a été très courageux et il a démontré que c’était possible. Aujourd’hui, c’est devenu un joueur qui compte dans l’effectif. Je suis très content pour lui».

Avec, désormais, un nouveau statut à assumer. Celui d’être l’un des meilleurs finisseurs du Top 14. «Tout ne dépend pas que de moi. Toulon était dans les trois premiers, c’est donc à l’image de notre saison. Mais si Toulon fait encore mieux, peut-être que je ferai mieux, qui sait. J’espère qu’on va être de mieux en mieux.» Contre l’Aviron Bayonnais, le 28e septembre (4e journée), l’ailier varois avait été victime d’une impressionnante commotion après une lourde chute à la suite d’un choc aérien. Sorti sur civière et souffrant également d’une contusion à l’épaule, il n’a pas rejoué depuis, suivi méticuleusement le protocole de retour à la compétition. Ce dimanche (21h05), Dréan - déjà auteur de trois essais en autant de sorties cette saison - va retrouver les terrains face au Racing 92.

«Je pense qu’on fait un plutôt bon début de saison, mais on a encore des choses à améliorer, notamment essayer d’envoyer un peu plus de jeu, estime-t-il. Mais ça va venir tout seul, je pense.» Malgré un match en retard contre La Rochelle, le RCT, demi-finaliste la saison dernière (défaite contre l’UBB à Lyon), continue à jouer les premiers rôles. L’occasion pour Gaël Dréan de se montrer aux yeux de Fabien Galthié et ses adjoints, qui l’avait retenu dans leur liste de 42 joueurs pour préparer le dernier Tournoi des six nations. Sans avoir pour l’instant fait ses débuts internationaux. De là à penser au prochain Tournoi des six nations ? «L’équipe de France, c’est un rêve. Après, comme je le répète, tout passera par mes performances en club avant d’y penser.»

Je pense que nous les Bretons, on est un petit peu chauvins, on est fiers d’être Bretons

Gaël Dréan

En attendant, Gaël Dréan, natif du Morbihan et titulaire d’une licence STAPS passée à Brest, porte haut l’étendard du rugby breton. Les quotidiens régionaux suivent d’ailleurs de près chacune des sorties de celui qui avait été champion de France de Fédérale 1 avec le REC et meilleur marqueur de cette division (14 essais) en 2021-2022. Son regard s’illumine. «Je pense que nous les Bretons, on est un petit peu chauvins, on est fiers d’être Bretons.» Un caractère entier et une forte appartenance régionale qu’il retrouve aussi à Toulon : «Oui, il y a une très forte identité, et je suis content de jouer dans un club où il y a de l’engouement comme ça.»

L’ailier toulonnais - qui avait été jugé trop gringalet à ses débuts (1,84 m pour 84 kg désormais) - reconnaît sans ambages qu’il a «un parcours un peu différent» : «Je ne suis passé par aucun centre de formation. Et puis j’étais en Bretagne, je n’avais donc pas accès à des clubs proches de chez moi et à des centres de formation, à part Vannes. Le rugby est moins développé en Bretagne même s’il s’y développe de plus en plus.» Et d’ajouter : «Si on rate le wagon vers 14, 15 ou 16 ans de basculer, on peut toujours le faire par le parcours amateur. Il y a plein de jeunes qui peuvent éclore en amateur avec de la chance et du travail.» Le genre de profil d’«ovni» dont raffole Fabien Galthié depuis sa prise de fonction. D’autant que le sélectionneur des Bleus sera privé cet automne de Théo Attissogbe (Pau), touché au genou.