Ironie du sort. À l’heure où l’Union européenne choisit de tourner le dos au devoir de vigilance, la justice américaine continue, elle, de juger des multinationales pour leur soutien à des régimes criminels dictatoriaux.
Le 17 octobre, un jury populaire new-yorkais a ainsi reconnu la banque française BNP Paribas complice d’exactions au Soudan, en se rendant coupable de l’organisation de transactions commerciales dont les recettes ont financé l’armée et les milices du régime du président Omar Al Bachir, à la tête du pays de 1989 à 2019.
Les trois plaignants soudanais ont raconté à la cour avoir été emprisonnés, torturés, battus, brûlés avec des cigarettes, lacérés au couteau par des soldats soudanais et des miliciens Janjawid à la solde du président durant le conflit au Darfour de 2002 à 2008.
Ils ont obtenu 20,75 millions de dollars de dommages et intérêts de la BNP, active au Soudan de la fin des années 1990 à 2009, où elle a fourni des lettres de crédit dans le cadre de contrats d’import-export. D’autres procès similaires devraient suivre, des milliers de Soudanais ayant également porté plainte.
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