Habib Beye se sait très scruté. Presque deux semaines après le match nul concédé au Havre (2-2) et à 48 heures de la réception de l’AJ Auxerre (dimanche 17h15) lors de la 7e journée de Ligue 1, l’entraîneur du Stade Rennais s’est exprimé en conférence de presse ce vendredi. L’occasion pour le technicien de 47 ans de répondre aux critiques ainsi qu’aux premières rumeurs quant à un départ en cas de mauvais résultats répétés.
«On est impacté par ce qui peut se dire ou s’écrire, parce que l’on est humain. On ne peut pas rester insensible, a déclaré l’ancien latéral, d’un ton serein selon les propos rapportés par Ouest-France. Mais on avance, et ce qui est important, c’est de garder un équilibre et une stabilité émotionnelle vis-à-vis du groupe. Je ne vais pas changer ma façon d’être. Ça ne fait pas plaisir de voir tout ce qui est dit, mais c’est inhérent à mon métier. Ce que je dis à mon groupe, c’est de rester hermétique à tout ça.»
Restant sur trois matchs nuls consécutifs peu convaincants dans le jeu (Nantes, Lens, Le Havre), Rennes (10e de Ligue 1) a traversé un climat de tensions avant la trêve internationale. Quelques échos faisant état de certains doutes dans le vestiaire concernant les compétences d’Habib Beye pour le poste.
«J’ai discuté avec Brice (Samba) et Seko (Fofana), parce qu’après ce qui a été dit dans la presse, il était nécessaire que je parle pour qu’ils voient que je n’ai pas changé mon état d’esprit. La déstabilisation extérieure existe tout le temps. Il n’y a pas que Brice et Seko, on a aussi parlé de Valentin Rongier, de Djaoui Cissé, d’Hans Hateboer… J’ai discuté avec chacun d’eux individuellement, certains ont même pris l’initiative de venir me voir. Je leur ai dit : «Les gars, je ne suis pas dans la paranoïa. Ce qui m’intéresse, c’est que vous soyez le plus stable et le plus tranquille possible pour que l’on soit performant sur le terrain», a détaillé l’ex-international sénégalais, citant des «spéculations», les discussions de vestiaire étant «naturelles» dans «la vie d’un groupe».
Je ne travaille pas dans une volonté de revanche, de prouver quelque chose.
Habib Beye
Et d’ajouter : «Le rapport que j’ai avec mes joueurs, je veux que ce soit un rapport d’authenticité. Beaucoup de gens ont parlé à notre place. Tout ce qui est rapporté de l’extérieur, ce sont des suppositions. Quand un joueur me parle, j’estime que c’est de l’authenticité et je fais la même chose avec lui. Ce que l’on s’est dit restera entre eux et moi, mais on est ressorti en se disant que l’intérêt est d’être performant en tant que groupe, et pas de spéculer sur ce qui a été dit à droite et à gauche. Je n’ai pas à considérer qu’il y a un problème entre eux et moi.»
Plus précisément en ce qui concerne les critiques sur le début de saison, Habib Beye n’a pas botté en touche. «Si les critiques existent, c’est qu’elles sont en grande partie fondées, il faut les accepter. Je ne travaille pas dans une volonté de revanche, de prouver quelque chose, a-t-il expliqué, toujours cité par Ouest-France. Les gens qui me croisent au quotidien ont vu que mon état d’esprit et mon énergie n’avaient pas changé par rapport à ce qu’il se passe. Je suis perfectible et parfois, il est intéressant d’être face à ces critiques pour comprendre pourquoi elles existent et faire votre propre analyse. Peut-être qu’elles vous amènent à avoir un petit déclic.»
«Je ne me pense pas plus en danger»
Si déclic il n’y avait pas dans les prochaines semaines, son avenir personnel sur le banc rennais serait forcément (re)discuté. Se sent-il en danger à l’aube d’une période charnière en championnat (Auxerre, Nice, Toulouse, Strasbourg, Paris FC) ? «Non, pas du tout. Un entraîneur est soumis aux contenus de son équipe mais également aux résultats, et même plus souvent aux résultats qu’aux contenus. Si l’on joue très bien mais que l’on ne prend pas de point, je serai jugé très durement et l’on oubliera que l’équipe joue bien. Si mon équipe joue moins bien et qu’elle gagne des matches, on dira : «C’est bien, ils ont gagné.» Je prends l’exemple de Lyon, on gagne 3-1 mais quand l’on regarde le contenu du match, il y avait beaucoup de choses à analyser. Mais je ne me pense pas plus en danger ou sous pression avec ce groupe de matches à venir.»