La décence pas plus que les appels répétés de la famille ne les arrêtent. Alors que s’ouvre, ce vendredi, le procès de Dahbia B. pour le viol et le meurtre de la jeune Lola le 14 octobre 2022, l’extrême droite a repris son opération d’instrumentalisation de l’affaire. Le groupuscule Les Natifs a notamment déployé, avant l’aube, une banderole « Aujourd’hui, des Algériens tuent des Français », relayé par le magazine d’extrême droite Frontières (ex-Livre noir), quand Marion Maréchal a, cette semaine, publié sur les réseaux sociaux une photo de Lola aux côtés de celles de Samuel Paty et Dominique Bernard qui ont eux été victimes d’attaques terroristes. Ou qu’y ont été partagés des montages estampillés « White lives matter »…
« Toute nouvelle préemption de la mémoire et de l’image de sa fille est insupportable à notre cliente. Veut-on à ce point tout lui prendre ? », a pourtant prévenu, dans les colonnes de Libération ce vendredi, Me Clotilde Lepetit l’avocate, avec sa consœur Karine Bourdié, de Delphine Daviet, la mère de Lola, qui a également perdu son mari décédé d’une crise cardiaque après le drame. Dès la semaine suivant la disparition de leur fille, les parents avaient appelé, le 21 octobre 2022, à ce que « cesse instamment, et soit retirée, toute utilisation du nom et de l’image de leur enfant à des fins politiques ».
Théorie complotiste du « francocide » et prétendue « guerre de civilisation »
La veille, à l’instigation de l’extrême droite une manifestation avait eu lieu à Paris et déjà le visage de Lola avait servi de support à une récupération xénophobe. Le RN s’était, in extremis, abstenu d’y participer mais Éric Zemmour et son concept raciste et complotiste de « francocide » y étaient notamment bien présents au milieu de groupes fascistes, racistes, antisémites… Sa « théorie » conçue pour attiser une prétendue « guerre de civilisation » a été reprise dans d’autres rassemblements qui ont suivi à travers la France. L’affaire, elle, a également été instrumentalisée par les fémonationalistes comme Nemesis qui prétendent dénoncer des féminicides pour en rendre coupables uniquement les étrangers. Surfant sans vergogne sur l’horreur de ce qu’a vécu la jeune Lola, voyant dans le profil de sa meurtrière une aubaine pour leur discours de haine.
Ce vendredi, c’est Dahbia B., une Algérienne sous OQTF au moment des faits, qui sera sur le banc des accusés de la cour d’assises de Paris. Âgée de 27 ans, elle répondra pendant six journées d’audience du meurtre et du viol de Lola, accompagnés d’actes de torture et de barbarie.
Le 14 octobre 2022, vers 16 h 40, plusieurs résidents d’un immeuble du 19e arrondissement de Paris l’avaient aperçue dans leur hall d’entrée, chargée de valises et surtout d’une imposante malle recouverte d’une couverture. Une heure et demie plus tôt, elle apparaissait sur les bandes de vidéosurveillance de la résidence en train d’aborder une jeune adolescente, Lola Daviet, 12 ans, la fille du gardien de l’immeuble, qui rentrait du collège.
Entre les deux séquences, l’enquête a reconstitué toute l’horreur du crime : Dahbia B. a contraint la fillette à la suivre dans l’appartement qu’elle occupait – en fait celui de sa sœur -, lui a imposé des actes sexuels et l’a frappée à plusieurs reprises avec ciseaux et cutter. Enroulée d’adhésif, y compris sur l’ensemble du visage, la jeune Lola est morte d’asphyxie. L’accusée avait alors placé le corps de sa victime dans une malle trouvée dans l’appartement, avant d’entamer une fuite erratique.
Devant la cour d’assises, il s’agira notamment d’établir le mobile alors que les experts ont estimé que l’accusée ne souffre pas « d’une pathologie psychiatrique majeure ». Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
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