Cédric Jubillar a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle vendredi 17 octobre pour le meurtre de sa femme Delphine, dont le corps n'a jamais été retrouvé depuis sa disparition de son domicile près d'Albi fin 2020.
Le peintre-plaquiste de 38 ans a regardé impassible la présidente énoncer le verdict, mains serrées sur l'ouverture vitrée du box. Le verdict est conforme aux réquisitions des avocats généraux.
La défense de Cédric Jubillar a immédiatement annoncé qu'elle fera appel de la condamnation. "Nous savions que, quoi qu'il arrive, il allait y avoir un deuxième combat et nous allons nous remettre au travail pour préparer cet appel", a déclaré Me Alexandre Martin, l'un des deux avocats du condamné.
Six heures de délibéré
Épilogue d'un procès hors normes de quatre semaines, cette décision est tombée au terme d'environ six heures de délibéré.
"Est-il coupable d'avoir, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines donné volontairement la mort à Delphine Aussaguel épouse Jubillar ?". Au moins sept des neuf membres de la cour, composée de trois magistrats et six jurés, ont répondu oui à cette question.
À l'énoncé du verdict, la famille et les proches de Delphine se sont étreints et embrassés sur les quatre bancs des parties civiles qu'ils occupaient en rangs serrés. Certains pleuraient également, tandis qu'un oncle de Delphine a fait un malaise.
"On est tous sous le choc après quatre ans de procédure", s'est réjoui un avocat des parties civiles, Me Philippe Pressecq.
"Les jurés ont été à la hauteur de l'enjeu pendant ces quatre semaines", a-t-il dit, "c'est parce qu'ils ont bien suivi et bien compris le dossier qu'ils ont pris une décision incontestable."
Juste avant que la cour d'assises du Tarn se retire pour délibérer vendredi peu après 9 h, Cédric Jubillar avait réaffirmé, comme il n'a eu de cesse de le clamer, n'avoir "absolument rien fait à Delphine".
Visage blême et yeux cernés, il avait lancé cette seule phrase, après quelques regards vers la salle et avoir été invité par la présidente Hélène Ratinaud à s'exprimer une dernière fois, comme le prévoit le Code de procédure pénale.
Au bout de quatre semaines de ce procès ultramédiatisé, le ministère public avait requis 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de l'ouvrier en bâtiment. Sa défense réclamait son acquittement.
Avec AFP