La Commission européenne dévoile jeudi 16 octobre sa feuille de route pour son projet de lutte antidrones, réclamé par Ursula Von der Leyen, après l'incursion d'une vingtaine de drones en septembre dans l’espace aérien polonais, ainsi que des survols au Danemark et en Allemagne. L'objectif est de protéger les frontières européennes contre ces menaces peu coûteuses mais potentiellement dangereuses. Des ambitions freinées par des obstacles technologiques et politiques.
Tout d'abord, plus question de "mur antidrones", une promesse intenable. Avec des milliers de kilomètres de frontière à couvrir, impossible de gérer une protection totale face à une menace en constate évolution. Les drones furtifs, les essaims ou les drones suicides contournent facilement un dispositif statique.
L'intrusion de drones en Pologne a montré le manque de préparation de l'Europe : le déploiement d'avions de chasse, dont des Rafale français, est un moyen de lutte bien trop coûteux pour contrer des drones beaucoup moins chers.
Paris et Berlin temporisent
Pour préparer son projet, la Commission européenne s'est appuyée sur l'expertise de l’Ukraine avec un système multicouche : caméras, radars, détecteurs acoustiques et radiofréquences pour repérer et identifier ; puis des brouilleurs, drones d’interception, mitrailleuses, missiles ou lasers pour neutraliser.
Des obstacles politiques également risquent de gêner la mise en œuvre d'une stratégie commune : alors que la Pologne et les États baltes réclament une mise en œuvre rapide, la France et l'Allemagne temporisent et veulent garder la main sur leurs capacités de défense. Souveraineté, budgets, intégration avec l'Otan : un chantier majeur pour éviter que ce projet antidrones ne devienne une ligne Maginot illusoire et ruineuse.