Coiffure impeccable, barbe bien taillée et survêtement gris qui épouse sa silhouette affûtée : Sébastien Pocognoli n’est pas venu pour jouer, mais il pourrait presque. Le nouvel entraîneur de l’AS Monaco a récemment fêté ses 38 ans, soit trois de plus que le doyen de l’effectif, le gardien Lukas Hradecky. «Qu’un grand club de France puisse être attiré par un jeune coach en Belgique, qui fait de bonnes choses, certes, j’ai trouvé la démarche très intéressante, osée et ça m’a donné confiance», a-t-il apprécié en conférence de presse mardi.
Pour succéder à Adi Hütter et revitaliser l’équipe 5e de Ligue 1, les dirigeants monégasques sont allés débaucher l’entraîneur de l’Union Saint-Gilloise, champion de Belgique la saison dernière, la première de Pocognoli dans les Flandres, et en lice en Ligue des champions. Depuis qu’il a raccroché les crampons en 2021, le natif de Seraing a bourlingué.
Passer la publicitéAdaptation sur le plan football et humain
Il n’a presque jamais fait plus d’un an au même poste, enchaînant les espoirs de l’Union Saint-Gilloise, les U18 à Genk, la sélection belge U18, un retour à l’USG et maintenant Monaco. «Je m’adapte avec les forces en présence», a exposé Pocognoli mardi. Cet ancien latéral gauche avait déjà voyagé comme joueur, passant par les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Angleterre, dans une carrière jalonnée de 16 sélections avec les Diables Rouges.
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Cette expérience lui est précieuse dans un aspect qu’il juge primordial : la relation avec ses joueurs. «Parfois, je suis dur dans ma communication, parfois plus doux. Je frappe et je donne des onctions. Mon passé de joueur m’y aide», décrivait-il dans le quotidien Les Dernières Nouvelles. Pour ce père de famille d’origine italienne et qui parle couramment français, anglais et néerlandais, «un entraîneur qui ne parle pas à ses joueurs ne s’intéresse pas à eux. Je suis quelqu’un qui accorde beaucoup d’importance à l’aspect humain et relationnel.»
Les très bons joueurs aiment être challengés.
Sébastien Pocognoli, nouvel entraîneur de l’AS Monaco.
À Monaco, il lui faudra conquérir un vestiaire déjà établi et composé de noms ronflants (Pogba, Golovin, Fati, Akliouche...). Et imposer sa patte. «Les très bons joueurs aiment être challengés. Je pense qu’il faut juste mettre une structure, une rigueur, une discipline et que les joueurs s’y tiennent», a estimé Pocognoli, surnommé «Poco» et «un peu “loco”» selon son ancien joueur, Kevin Mac Allister.
«Il met le feu aux poudres quand il le faut et nous calme quand il le faut», souriait le défenseur argentin. Adepte du 4-4-2 mais qui s’est adapté aux préceptes de l’Union Saint-Gilloise, où il utilisait une défense à trois, Pocognoli a aussi profité au club belge d’une structure où les datas sont au cœur du projet. «Elles sont à la base de beaucoup de choses que nous faisons», a reconnu le directeur sportif Chris O’Loughlin auprès de la RTBF .
Pocognoli pourra-t-il, dans un environnement différent, développer ce «football plaisant» qu’il a vendu aux supporters monégasques lors de son intronisation ? Il pourra au moins s’appuyer sur sa passion, qui n’avait rien d’innée. «Quand j’étais petit, je détestais le football», avait-il raconté il y a presque deux décennies, alors qu’il débutait chez les pros.
«À l’âge de cinq ans, mon père m’a emmené à mon premier entraînement, à Seraing. Tous les autres garçons trouvaient ça génial. Moi, ça ne m’intéressait pas du tout. Je me suis assis dans le rond central et j’ai construit un château de sable.» Des châteaux, il pourra en visiter quelques-uns autour de la Principauté.