Notre critique de La vie de château, mon enfance à Versailles, une pépite d’animation dans le sillage de Ma vie de courgette
CRITIQUE - Un long-métrage délicat et émouvant qui évoque avec tendresse l’enfance d’une petite fille fauchée par la mort tragique de ses parents dans l’attentat du Bataclan. À voir absolument.
Passer la publicité Passer la publicitéViolette a beau être minuscule, avec ses immenses lunettes rondes, sa chevelure flamboyante et son ciré jaune Pikachu, elle fait preuve d’un sacré caractère. Elle crève l’écran dès son apparition à l’image. De la graine d’héroïne, on vous dit...
Hélas pour cette fillette de huit ans, tout bascule le jour où ses parents sont assassinés au Bataclan. Le tragique s’invite brutalement dans la danse. Geneviève (Anne Alvaro), une assistante sociale faisant office de bonne fée la prend sous son aile. Cette gentille dame aux cheveux gris la place entre les mains d’un ogre mal léché, son oncle Régis (Frédéric Pierrot, formidablement touchant) jardinier au château de Versailles.
Passer la publicitéVoilà Violette devenue ex abrupto pupille de la Nation. Finie sa vie d’avant avec ses parents, rue Yves Toudic dans le Xe arrondissement. Confiée à son tuteur, «ce grand barbu moche qui pue» et qui ronfle la nuit, cette jolie petite rouquine est alors obligée d’emménager dans une maison de guingois à la campagne, non loin du château de Louis XIV. Géant bourru aux mains aussi larges que des battoirs à linge, Régis ne sait pas trop comment s’occuper de cette orpheline renfrognée qui fait des fugues, incapable d’accepter sa nouvelle existence.
Olga «la reine des clapiers» va détendre un peu l’atmosphère, ainsi que son copain Malcolm, son meilleur ami qui l’invite en Italie pour l’été. Régis et Violette, deux êtres blessés par la vie, vont petit à petit commencer à s’apprivoiser... Et Violette se recompose au fil du temps une nouvelle famille.
Avec La vie de château, mon enfance à Versailles, les réalisateurs Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi réalisent un bouleversant film d’animation dans le sillage direct de Ma Vie de courgette. Avec un trait limpide et délicat qu’on imagine inspiré de celui de Christophe Blain, le long-métrage parle de deuil, de douleur et de reconstruction. La musique originale composée par Albin de la Simone contribue grandement à l’atmosphère attachante de ce dessin animé au charme fou.
D’autant que la petite Violette se trouve bientôt engagée dans un défi qui va lui permettre de redéployer ses ailes: elle choisit d’incarner la reine Marie-Antoinette dans un spectacle de danse organisé par l’école au château de Versailles. Régis qui fut danseur dans ses jeunes années, avant de devenir agent d’entretien, va l’aider à peaufiner ses arabesques, pirouettes, pointes et autres pas chassés.
Récit pudique et émouvant, le film parvient à susciter l’émotion sans jamais tomber dans la mièvrerie. Pépite d’animation au graphisme candide, évoluant sur le fil ténu de la résilience, La vie de château, mon enfance à Versailles s’affirme comme une ode à la joie de vivre qui fait chaud au cœur.